Jean-François Copé est un homme ambitieux. Il a voué sa vie à la politique et à sa volonté d'accéder à la fonction présidentielle. Il est aujourd'hui candidat aux primaires de la droite et du centre.

Rien ni personne n'arrête plus ce passionné déterminé, pas même une démission forcée après l'affaire Bygmallion, ni les critiques de son bilan lors de sa présidence à la tête de l'UMP. Cette élection présidentielle, c'est l'obsession de toute une vie, le retour au combat d'un soldat blessé. Son éducation dans l'amour de la France et sa passion pour la politique dès le plus jeune âge l'ont poussé à réaliser son rêve d'enfant.

Pour atteindre son objectif, le candidat se présente avec un programme de 15 ordonnances qu'il entend mettre en œuvre dès l'été 2017. Si nombre de ses adversaires ont également soumis la volonté de gouverner par ordonnance, le maire de Meaux assure être le premier à avoir lancé la tendance.

Cet homme politique, décrit comme virulent, et parfois même arrogant, a eu du fil à retordre tout au long de sa carrière. Il revient aujourd'hui sur le devant de la scène et annonce être le porte-parole d'une droite décomplexée. C'est pourquoi il se présente avec des propositions très à droite, parfois proches des idées du Front National, en matière d'immigration par exemple. Longtemps critiqué, Jean-François Copé, présenté parfois comme un « Copé-collé » de Nicolas Sarkozy, est déterminé à opérer une rupture nette avec son rival de toujours.


Une politique libérale

Suivant une politique économique libérale très assumée, le candidat suggère de faciliter le travail non salarié grâce à un numéro personnel permettant à chaque personne de plus de 16 ans d'entrer sur le marché et d'être rémunérée. Selon lui, la création d'un pass pour gérer le nombre d'heures travaillés permettra de faciliter le travail indépendant et par conséquent de relancer la concurrence et de développer l'économie française.

Le député souhaite également réduire la pression fiscale. Pour les entreprises d'abord, avec une suppression du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), un allègement général des charges sociales patronales, et une baisse de l’impôt sur les sociétés de 5 milliards d'euros. Pour les ménages ensuite, avec une baisse d’impôt sur le revenu, une réduction des cotisations patronales et des charges salariales. À l'instar de ses adversaires , Jean-François. Copé souhaite supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les droits de succession. Il préconise néanmoins une augmentation de la TVA de 3 points pour mener à bien son projet présidentiel.

La réforme de la fonction publique est, elle aussi, largement traitée dans le programme de chacun des candidats. Pour l'ancien président de l'UMP (2012-2014), il s'agit d'abroger les statuts. Comme son concurrent, Nicolas Sarkozy, Copé souhaite passer aux 39h hebdomadaires, moyennant une contrepartie financière et propose l'élargissement de la carence à 3 jours dans la fonction publique et des régimes spéciaux, afin d'aligner les règles avec celles du régime général.


À droite toute !

C'est le credo de Copé concernant les questions d'immigration. Le candidat propose « une réduction de l'immigration et la fin des abus » avec une politique de durcissement des conditions du regroupement familial, au même titre que nombre de ses adversaires. Il souhaite en outre mettre un terme aux abus du modèle social français en supprimant toute aide sociale, allocation, ou aide au logement pour les étrangers résidant depuis moins de 5 ans en France. Ses proposition sur une réforme du droit d'asile et la suppression du droit du sol au profit d'une nationalité d'adhésion par le biais d'un concours  ont a fait couler beaucoup d'encre. Elles sont toutefois assumées par le candidat et présentées comme une philosophie. Il ajoute d'ailleurs qu'il souhaite rétablir la double peine, à savoir qu'une personne étrangère étant condamnée par la justice française, devra exécuter sa peine sur le territoire avant d'être expulsée à sa sortie de prison car, selon lui, « il y a un devoir vis a vis du pays qui vous accueille et qui vous donne des droits ». Et ceux qui y dérogent ne peuvent pas rester.

La laïcité, c'est le mot d'ordre pour le maire de Meaux, qui désire écrire un code des obligations inhérentes à une république laïque et des règles de la liberté religieuse. Ne voyant pas de contradiction dans le fait d'utiliser liberté et règles dans la même phrase, le candidat soutient que tous les cultes doivent être soumis aux lois de la République. Il règle également  toutes les questions sur la burka, le burkini, le voile, la kippa, ou toute autre tenue reflétant une appartenance religieuse en les interdisant dans toutes les administrations et universités. Sur l'islam plus particulièrement, il suggère le vote d'une loi sanctionnant les propos islamistes radicaux, la certification des imams et l'obligation du prêche en français.

En matière de sécurité, Copé est implacable avec une ordonnance visant à renforcer l'arsenal anti-terrorisme. Une réforme du renseignement, indispensable selon lui, entraînerait une fusion de la Direction Générale de Sécurité intérieure (DGSI) et de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) ainsi que la création d'une agence technologique du renseignement. Il souhaite en outre la mise en place d'une chaîne pénale antiterroriste et la transformation de l'administration pénitentiaire en police pénitentiaire.

Le député met un point d'honneur au plan judiciaire. Il souhaite en effet établir un plan Marshall pour la sécurité avec une réforme politique d'aménagement des peines, une refonte de la justice des mineurs et la création de 200 000 places de prison. À cela s'ajoutent une augmentation du budget de la défense, le recrutement de 10 000 personnes supplémentaires et la conservation de la dissuasion nucléaire.

En outre, des ordonnance sur l'efficacité du droit de l'UE, sur un pacte avec les collectivités, sur l'éducation nationale et l'enseignement supérieur, sur le modèle de santé ou encore sur une France sans pétrole, font partie du projet du candidat.

Avec ses promesses, Jean-François Copé souhaite conquérir le peuple français. Ce programme, basé sur quinze ordonnances, suffira-t-il pour le faire remonter dans le cœur des Français ? Avec seulement 1 % d'intentions de vote pour le premier tour, l'homme de la droite décomplexée risque de se réveiller brutalement d'un rêve qu'il a poursuivi toute sa vie.