Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l'Essonne et présidente du groupe les Républicains au Conseil de Paris, est la seule candidate féminine au premier tour de la primaire de la droite et du centre qui se déroulera ce 20 novembre.

NKM se veut être la représentante d'"une droite de progrès qui aime la liberté et l'audace", comme elle l'affirmait sur le plateau de TF1 lors du premier débat de la primaire. Dans son programme de 28 pages, elle met en avant 12 propositions majeures qu'elle appuie en faisant état de la société actuelle.

Si le programme de NKM a beaucoup de similitudes avec celui de ses concurrents, tel que le développement du travail indépendant ou le retour aux 35 heures dans le privé, il se différencie sur d'autres points, tels que la conservation du droit du sol ou sa proposition d'un impôt à taux unique.


Réformes économiques

NKM détaille en effet sa volonté de baisser les impôts et les dépenses simultanément et passivement. Pour ce faire, elle propose une politique de "libération nationale des entreprises par une baisse des prélèvements des entreprises de 10 milliards d'euros".

Afin de remplir ce contrat avant la fin du quinquennat, NKM veut réaliser des économies grâce à la réduction des dépenses dans les fonctions publiques et dans le financement du système de protection sociale. Pour atteindre cet objectif, elle propose entre autres de "réserver le statut de fonctionnaire à la fonction régalienne" ou de reculer l'âge légal de la retraite à 65 ans. NKM se met également en phase avec l'ensemble de ses concurrents pour ce qui concerne la dégressivité des allocations de chômage. Elle insiste toutefois sur le fait que cette mesure prendra forme lorsque l'économie française sera relancée "afin de ne pas pénaliser les demandeurs d'emploi".

Outre ces réformes, la candidate fait de l'ubérisation de l'économie l'un des points centraux de son programme. Elle a d'ailleurs affirmé au micro d'Europe 1 que "l'ubérisation est une chance, si on gère ça bien". Elle propose donc un renfort du statut général du travailleur indépendant ainsi qu'une protection sociale renforcée et simple pour tous les travailleurs sous ce statut.

Contrairement à tous les autres candidats, NKM tient à conserver l'ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), mais à le modifier en incitant les fortunes à investir dans l'économie française. Dans l'optique d'"un impôt simple et juste", elle propose ensuite de remplacer l’impôt sur le revenu actuel par une flat tax, un impôt proportionnel individualisé, afin que tous les Français soient imposés "dès le premier euro". Cette flat tax est assortie d'un revenu universel de base de 470 euros par mois octroyé à chaque Français, qu'il soit au chômage ou non.

La mise en place de la flat tax entraîne la suppression du quotient familial et des allocations familiales. Ces allocations seront dès lors remplacées par un revenu inconditionnel de 200 euros par mois et par enfant dès le premier enfant. Ce revenu augmente de 70 euros lorsque l'enfant atteint l'âge de 14 ans et s'arrête à sa majorité, lorsqu'il commence à toucher le revenu de base de 470 euros.

En plus de ces réformes économiques, NKM veut investir dans des formations professionnelles qui sont, selon elle, "la clé de la réduction du chômage". La candidate prévoit une réforme de la gestion des fonds de formation professionnelle par la diminution des organismes et la réorientation de la formation vers ceux qui en ont le plus besoin : les jeunes et les ouvriers de petites entreprises.

Selon elle, le retour au plein-emploi passe aussi par la restauration de l'autorité dans les écoles, en refusant le "pédagogisme", qui met le maître et le savoir au service de l'élève. NKM affirme qu'il est nécessaire d'avoir des professeurs formés à la pédagogie, d'avoir des établissements gérés de manière autonome par un chef d'établissement responsable ainsi que de valoriser les efforts des professeurs. En outre, elle soutient l'augmentation des heures d'apprentissage du français afin de restaurer les 600 heures de leçons annuelles qui ont été perdues depuis 1976.

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Modernité

Pour cette ingénieure du génie rural, l'écologie reste une priorité pour ce prochain quinquennat. La candidate veut favoriser les circuits alimentaires courts, développer l'autoproduction d'énergie et faciliter le télétravail afin de réduire l'impact carbone de chaque salarié.

Finalement, la candidate insiste sur la sécurité de l’État. NKM veut instaurer un service militaire court : 3 mois comme une préparation à la réserve opérationnelle. Elle affirmait, dans les Lundis de la primaire qu'"en trois mois on a le temps de faire un vrai exercice de cohésion pour apprendre les bases".

Elle prône également l'interdiction pure et simple du salafisme tout en donnant à l'islam "les moyens de se développer dans le respect des principes de la République" en taxant les produits halal à 1 % afin de financer un "islam français".

En ce qui concerne l'immigration, elle soutient un traitement européen de l'immigration, du droit de séjour, du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. "Pour améliorer et clarifier la situation, il est nécessaire de réfléchir à une politique migratoire commune au niveau européen" déclare-t-elle avant d'ajouter qu'"il n'y a ni politique européenne de l'immigration, ni politique nationale claire".

Les candidate du centre-droit se distingue probablement de ses adversaires grâce des propositions modernes et novatrices, comme l'importance des nouvelles technologies ou la sensibilité écologique. Notons toutefois qu'elle partage une grande partie de ses idées avec ses adversaires. Dans le camp des Républicains, la différence se joue au détail.