Alain Juppé est un homme qui veut faire bouger les choses car, selon lui, « si on n'a pas ça, on n'est pas un homme politique, on reste chez soi et on va à la pêche ».

L'actuel maire de Bordeaux a entamé sa carrière politique en 1976 tandis que le Premier ministre, Jacques Chirac, « cherchait un 'normalien sachant écrire' et connaissant les finances publiques pour préparer ses discours » indique-t-il sur son site. C'est à partir de cette date, que le jeune Juppé s'est découvert un amour inconditionnel pour la politique. Il a alors commencé à grimper les échelons. D'abord adjoint à la mairie de Paris, il a ensuite été secrétaire du RPR, puis ministre des Affaires étrangères sous Mitterrand avant de devenir le Premier ministre de Jacques Chirac.

Alain Juppé, qui se dit orgueilleux mais pas vaniteux, est un homme de foi qui « aime aller à la messe parce qu'au moins pendant une heure, personne ne vous emmerde ». Ce personnage timide et pudique, revient aujourd'hui sur le devant de la scène politique après un exil au Canada, dû à sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Lors de l’Émission Politique sur France 2, le doyen de la primaire se définit comme un « homme de rassemblement [qui] s'adresse à tous ceux qui ont envie de l'alternance, qu'ils soient à gauche, qu'ils soient au centre, qu'ils soient à droite [car] si on commence à exclure dans la primaire, on est mal barrés. Parce qu'on aura besoin de se rassembler en 2017. On aura beaucoup de sujets difficiles à traiter ». Pour traiter ces sujets, le candidat revient pour « la dernière bataille de sa vie » en présentant un programme comprenant 20 grands thèmes.

En route vers le plein-emploi 

Les premières propositions sont consacrées à l'agriculture, ordre alphabétique oblige. Juppé est l'un des seuls candidats à s'être positionné sur ce sujet, d'après le comparateur de programmes proposé par le Figaro.fr. Il souhaite en effet réorienter la Politique Agricole Commune (PAC) pour mieux soutenir les petits producteurs. Il veut également encourager les circuits courts en favorisant l'agriculture de proximité tout en sécurisant les relations entre les différents acteurs des filières.

En matière d'économie, le maire de Bordeaux s'intéresse à trois grands domaines. Il annonce premièrement des réformes pour le marché du travail. Le candidat propose une nouvelle baisse des charges sociales payées par les employeurs, ainsi qu'un assouplissement des modalités de licenciement. Il suggère ensuite une augmentation de la durée du travail, négociée entreprise par entreprise, pour tendre vers les 39 heures par semaine. Ensuite, il encourage les travailleurs indépendants en allégeant les charges de 2 milliards d'euros afin d'augmenter leur pouvoir d'achat. Pour terminer, il repousse l'âge de la retraite à 65 ans.

Sa deuxième proposition concerne un abaissement de la pression fiscale. Pour les entreprises, Juppé plaide en faveur d'une diminution des impôts sur les sociétés et une baisse des charges pour les artisans et les professions libérales. Les ménages quant à eux verront une suppression de l'ISF et une réduction de l’impôt sur le revenu. En revanche, ils devront faire face à une augmentation d'un point de la TVA pour alléger les cotisations sociales.

Finalement, l'ancien Premier ministre souhaite réaliser une économie de 85 à 100 milliards d'euros dans le budget de l’État, notamment avec une réduction du nombre de fonctionnaires et une augmentation du temps de travail dans la fonction publique. Cette économie sera également réalisée grâce à la diminution du budget des collectivités locales et de l'assurance maladie.

Contre le chômage, Juppé prône la mise en place d'un contrôle réel de la recherche active d'un emploi afin que les indemnités de chômage soient suspendues en cas de recherche insuffisante ou de refus. Toutefois, la dégressivité des allocations dépendra de la reprise économique du marché du travail. « Ma priorité c'est de prendre des mesures rapidement pour relancer le marché du travail » annonce-t-il d'ailleurs sur le plateau de France 2.

« Le plein-emploi est possible » affirme le candidat. Et selon lui, il passe par le développement de l'apprentissage et par l'amélioration de la formation professionnelle. Pour ce faire, Juppé souhaite rendre plus fréquente la présentation de métiers au sein des établissements et garantir la performance de la formation professionnelle.

Un État sécurisé

Concernant les questions de société, le candidat se positionne sur les grands enjeux actuels. L'immigration est l'un des points centraux de son programme. Tout d'abord, Juppé souhaite reconditionner le regroupement familial à une situation d’emploi, générant des revenus d'activité. Il désire ensuite fixer un plafond annuel d'immigration, voté chaque année par le Parlement, et mettre en place un système de points pour déterminer le profil des étrangers. «Au-delà des mesures de court terme, il nous faut aussi engager une bataille de long terme. Et nous avons un destin commun avec l'Afrique. Donc investir en Afrique, c'est aussi préparer notre avenir » ajoute-t-il au micro de Léa Salamé et de David Pujadas.

Le candidat prend également en considération la place de l'islam en France. Il souhaite surveiller les lieux de culte afin de fermer les mosquées radicales et définir, en accord avec les autorités représentatives, les règles relatives au recrutement des imams, à leur formation civique et l'utilisation du français pour les prêches.

Pour terminer, il souhaite rétablir un véritable contrôle aux frontières à l'extérieur et à l'intérieur de l'UE et veut négocier un nouveau traité pour remplacer Shengen. « Il faut que l'Europe prenne des résolutions pour négocier des accords de réadmission avec les pays d'origine » déclare-t-il.