Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a invité lundi l'Iran à accepter des inspections plus strictes de son programme nucléaire afin de prouver qu'il ne développe pas d'armes atomiques, ainsi que l'en soupçonne Washington. «Le rapport indique que l'Iran a négligé de signaler certains matériels et activités nucléaires et que des mesures correctives sont prises en coopération avec les autorités iraniennes», a déclaré M. el Baradei dans un discours au Conseil des gouverneurs de l'AIEA.

Le directeur général a aussi invité l'Iran à signer avec l'AIEA un Protocole additionnel facilitant l'accès des inspecteurs aux installations et autorisant des investigations plus approfondies. Un porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a déclaré que l'Iran envisageait de signer ce protocole, ainsi que l'y invitent l'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis, mais qu'en échange, il réclamait un accès à la technologie nucléaire. Des diplomates en poste à Vienne, siège de l'AIEA, n'y ont vu qu'une simple réaffirmation de la position iranienne.

Mettant dans la balance la conclusion d'un accord commercial, l'Union européenne a demandé elle aussi à l'Iran d'accepter, sans condition, des inspections approfondies de son programme nucléaire. «Le Conseil a insisté sur la nécessité pour l'Iran de répondre rapidement, pleinement et de manière adéquate à toutes les questions posées à propos de son programme nucléaire», ont affirmé dans une déclaration adoptée à Luxembourg les ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Le rapport de l'AIEA sur l'Iran souligne que, sans protocole additionnel, «la capacité de l'agence à fournir des assurances concernant l'absence d'activités nucléaires non déclarées est limitée».

L'Iran a refusé à plusieurs reprises d'accéder aux demandes de l'AIEA qui souhaitait prélever des échantillons à la Compagnie d'électricité Kalaye, où sont construites des centrifugeuses susceptibles de servir à la production d'uranium enrichi, à usage militaire.

Des expériences non déclarées d'enrichissement de matières nucléaires pourraient être considérées comme une violation du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), dont Téhéran est signataire. L'AIEA inspecte régulièrement les installations nucléaires iraniennes et y a procédé à six visites au moins depuis février.

© La Libre Belgique 2003