La Serbie peut obtenir le statut de candidat à l'Union européenne en décembre, a estimé mercredi le président serbe, Boris Tadic, en se déclarant "fier" des propositions faites par la Commission européenne, a annoncé l'agence de presse serbe Tanjug.

Bruxelles a proposé aux Etats membres de l'UE que la Serbie obtienne le statut de candidat à l'Union sous réserve d'une reprise du dialogue avec le Kosovo.

Bruxelles a également proposé une ouverture des négociations d'adhésion avec la Serbie si le dialogue en question enregistrait des "progrès". "Je suis fier car la Commission européenne a reconnu comme un succès les réformes appliquées par la Serbie", en particulier dans les domaines de la lutte contre la criminalité organisée, de la lutte contre la corruption et de la réforme du système judiciaire, a souligné M. Tadic.

Les Vingt-Sept Etats membres de l'UE se prononceront sur les propositions de la Commission européenne début décembre.

Evoquant les conditions énoncées par la Commission, M. Tadic a assuré que la Serbie souhaitait elle-même résoudre les problèmes avec le Kosovo par le biais du dialogue, a indiqué Tanjug.

Les recommandations de la Commission ne veulent "pas dire que nous avons résolu tous les problèmes. Un grand travail nous attend, car le statut de candidat ouvre de nombreuses perspectives et un accès aux fonds de l'UE", a poursuivi M. Tadic.

Le dialogue entre la Serbie et le Kosovo, engagé en mars sous les auspices de l'UE, a été interrompu fin septembre en raison de la situation actuelle dans le nord du Kosovo, où les Serbes, majoritaires, refusent d'admettre le contrôle de deux points frontaliers avec la Serbie par les autorités de Pristina. Les Serbes du Kosovo tout comme Belgrade refusent de reconnaître les autorités kosovares.

La Serbie souhaite une "solution réaliste" pour ces deux points frontaliers, Brnjak et Jarinje, a indiqué le président Tadic. "Il s'agit d'un jour très important pour la Serbie. La Serbie reste attachée au processus d'intégration européenne et continuera de travailler dans ce sens", a souligné pour sa part le Premier ministre serbe, Mirko Cvetkovic.

"Les conditions posées par la Commission européenne sur le dialogue avec Pristina sont connues et neutres en terme de statut", à savoir qu'elles n'impliquent pas pour Belgrade une reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, s'est félicité le vice-Premier ministre serbe, Bozidar Djelic.

Belgrade va s'atteler désormais à obtenir le soutien des 27 pays de l'Union pour avoir le statut de candidat, a-t-il ajouté dans un communiqué.