Echaudées par le cortège de manifestations qui ont émaillé la course de la flamme olympique à travers le monde, les autorités chinoises veillent avec un soin paranoïaque à ce que "leurs" Jeux olympiques ne soient pas perturbés par des actions qui "politiseraient" l'événement.

Aussi ont-elles refusé l'accès de leur territoire aux organisations de défense des droits de l'homme, aux partisans de la cause tibétaine et autres contempteurs du régime de Pékin... Le champion olympique américain Joey Cheek comptait rallier la ville olympique pour soutenir les quelque 70 athlètes en compétition qui se sont engagés à attirer l'attention sur les violences au Darfour et sur le rôle que pourrait jouer la Chine pour y mettre fin. Le visa du médaillé d'or de patinage de vitesse (en 2006) a été révoqué, à la veille de son départ.

Les contestataires ne désarment pas pour autant. Mercredi, lors de l'arrivée de la flamme à Pékin, deux Britanniques et deux Américains ont réussi à déployer pendant une dizaine de minutes devant le stade national une grande banderole sur laquelle était inscrit "Un monde, un rêve : Tibet libre".

Cybermanifestation

Ce coup d'éclat est l'exception qui confirme la règle : manifester à Pékin relève de la mission impossible, ou presque. Les militants font donc preuve d'imagination, à domicile, pour faire passer leurs messages. Reporters sans frontières a convoqué des rassemblements, le 8 août, devant les ambassades chinoises de Paris, Londres, Madrid, Berlin, Washington et Stockholm. Parallèlement, RSF lance une cybermanifestation (1) , pour réclamer la libération des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme chinois détenus, harcelés ou contraints de quitter Pékin. Le mouvement Candle4Tibet organise de son côté la plus grande "protestation lumineuse du monde", en demandant aux pro-tibétains d'allumer une bougie à 21 heures, quel que soit leur fuseau horaire. Les députés français ne sont pas en reste, puisque 180 d'entre eux prient leurs concitoyens de boycotter la retransmission télévisée de la cérémonie d'ouverture.

A défaut de pouvoir se rendre sur place, les défenseurs des droits l'homme espèrent que les athlètes relaieront leur cause. En faisant le signe "T", avec les mains, à la manière d'un coach de basket réclamant un temps mort, comme le préconise Free Tibet Campaign. Ou en portant quelque chose d'orange (couleur des moines tibétains et birmans ou des tenues prisonniers de Guantanamo) pour dénoncer les abus des droits de l'homme, comme le suggère le groupe Couleur orange, lancé par le sculpteur danois Jens Galschiot.

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