Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé mercredi au ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault de "se mêler de ses affaires" en réponse à ses critiques sur les purges en Turquie après le coup d'Etat raté. En outre, il annonce l'instauration de l'état d'urgence pour une durée de trois mois.

Le chef de la diplomatie française avait réclamé dimanche le respect de l'Etat de droit en Turquie, refusant tout "chèque en blanc" au président Erdogan, qui a lancé une vaste purge au lendemain de la tentative de putsch.

"Il devrait se mêler de ses affaires", a déclaré M. Erdogan dans une interview à Al-Jazeera. "Est-ce qu'il a l'autorité pour faire ces déclarations à mon propos? Non, il ne l'a pas. S'il veut une leçon de démocratie, nous pouvons aisément lui donner", a-t-il poursuivi.

M. Ayrault avait estimé qu'il "fallait condamner le coup d'Etat en Turquie, c'est la moindre des choses". Mais "nous voulons que l'Etat de droit fonctionne pleinement, ce n'est pas un chèque en blanc pour M. Erdogan", avait-il ajouté.

"Il ne faut pas faire de purges. Ceux qui ont porté atteinte à la démocratie doivent pouvoir être poursuivis dans le cadre de l'Etat de droit", a répété M. Ayrault.

La vaste purge engagée en Turquie a suscité de nouvelles critiques mercredi du porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, Steffen Seibert, selon qui "presque quotidiennement, de nouvelles mesures sont prises, qui sont contraires à un mode d'action respectant l'Etat de droit".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a toutefois apporté le soutien américain à M. Erdogan, refusant de "commenter" les purges opérées par Ankara.


Pour Erdogan, des pays étrangers pourraient être impliqués dans le putsch

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi que "d'autres pays pourraient être impliqués" dans la tentative de coup d'Etat qui s'est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi en Turquie.

"Il se peut que d'autres pays soient impliqués" dans le putsch avorté, a dit M. Erdogan, sans les citer, lors d'un entretien avec la chaîne Al Jazeera.


Le coup d'Etat "peut-être pas fini" en Turquie, avertit Erdogan

Le coup d'Etat "n'est peut-être pas fini" en Turquie, a averti mercredi soir le président Recep Tayyip Erdogan, cinq jours après une tentative de renversement de son régime par un groupe de militaires rebelles.

Le coup d'Etat n'est "peut-être pas fini", il "pourrait y avoir d'autres plans", a indiqué M. Erdogan sans fournir de précisions, après avoir passé une partie de la journée en réunion avec le conseil de sécurité nationale et ses ministres.


Erdogan instaure 3 mois d'état d'urgence en Turquie après le putsch

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi soir l'instauration de l'Etat d'urgence pour trois mois en Turquie à la suite d'une tentative de coup d'Etat manquée la semaine dernière.

"Notre conseil des ministres a décidé de l'instauration de l'état d'urgence pour une durée de trois mois", a annoncé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse. Cela était "nécesaire pour éradiquer rapidement tous les élements de l'organisation terroriste impliquée dans la tentative de coup d'Etat".


Erdogan s'engage à ne faire "aucun compromis" sur la démocratie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé qu'"aucun compromis" ne serait fait sur la démocratie en dépit de la proclamation de l'état d'urgence.

"Nous n'avons jamais fait aucun compromis sur la démocratie, et nous n'en ferons jamais", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara, ajoutant que l'état d'urgence "n'est absolument pas contre la démocratie, la loi et les libertés. C'est tout le contraire: (il) vise à protéger et renforcer ces valeurs".