On a tort de mettre tous les pays musulmans dans le même sac. Le Bangladesh vient encore de nous le rappeler. Alors qu’à Téhéran on veut lapider une mère de famille parce qu’elle serait adultère, à Dhaka, en revanche, la commission électorale vient d’annoncer que la prostitution sera reconnue comme une profession et dûment inscrite sur les nouvelles cartes d’électeur. Il est vrai que le commerce du sexe est non seulement légal au Bangladesh, mais il y est même en plein boom, nous apprend l’Agence France Presse, toujours bien informée.

"Après tout, c’est le plus vieux métier du monde et nous respectons les droits de tous ceux qui exercent un métier", a expliqué un membre de la commission électorale. La mesure est d’autant plus salutaire que, au nombre des professions ainsi réhabilitées officiellement cette année, figurent, à côté des prostitué(e)s, les tailleurs, les prêtres et les journalistes - un métier dans l’exercice duquel on peut rencontrer parfois une certaine forme de prostitution.

L’initiative, qui sert la cause de la démocratie en encourageant la participation politique, est conforme à une tradition moderniste dans ce pays musulman de 150 millions d’habitants. Les femmes y jouent depuis longtemps un rôle de premier plan. On a pu ainsi avoir en même temps, à Dhaka, une femme à la tête du gouvernement et une autre à la tête de l’opposition.