Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, réfugié depuis sept ans dans l'ambassade d'Equateur à Londres, y a été arrêté ce jeudi. La raison? Une demande d'extradition des Etats-Unis, où il est inculpé de "piratage informatique", a révélé le ministère américain de la Justice. Selon l'acte d'inculpation, qui était jusqu'ici sous scellé, l'Australien est accusé d'avoir aidé l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense ensuite révélés au public sur Wikileaks.

Interpellé à ce sujet, Donald Trump a refusé de commenter les faits. "Je ne sais rien de WikiLeaks, ce n'est pas mon affaire", a-t-il lancé, en renvoyant les questions sur le ministère de la Justice. "Je sais juste que cela a quelque chose à voir avec Julian Assange".

D'un enthousiasme débordant...

Des propos évasifs, à l'opposé de ceux tenus lors de sa campagne présidentielle en 2016. A l'époque, Donald Trump semblait au contraire bien connaître l'organisation. "J'adore Wikileaks", avait-il déclaré après la publication de milliers d'emails piratés dans le camp démocrate et gênants pour sa rivale Hillary Clinton. "Wikileaks est comme un trésor", jugeait-il le 31 octobre 2016 lors d'un meeting à Warren (Michigan). "En descendant de l'avion, j'ai vu qu'ils annonçaient de nouvelles révélations sur Wikileaks, je voulais rester mais je ne voulais pas vous faire attendre. J'adore lire ces Wikileaks", confiait-il le 4 novembre 2016 lors d'un meeting à Wilmington dans l'Ohio.

Durant toute sa campagne, l'homme d'affaires a cité "Wikileaks" plus de 100 fois, selon le Time.

En 2017, Donald Trump avait même été plus loin en tweetant carrément des passages d'une interview que Julian Assange avait accordée à Fox News.


Mais, dès le lendemain, il s'était ravisé après avoir été la cible de critiques. Il avait alors assuré de ne pas être de mèche avec l'activiste. "Les médias malhonnêtes mentent quand ils disent que j'ai passé un accord avec Julian Assange. C'est faux. Je fais simplement état de ce dont il fait état. C'est aux gens de se faire leur propre idée", avait-il tweeté en janvier 2017.

... à l'évocation de l'arrestation d'Assange

Quelques jours plus tard, le 20 janvier 2017, Donald Trump était investi président des Etats-Unis. En endossant cette nouvelle fonction, l'homme a radicalement changé de ton sur Wikileaks. Ainsi, lorsque Jeff Sessions, à l'époque procureur général des Etats-Unis, a déclaré en avril 2017 que "l'arrestation de Julian Assange était une priorité", Donald Trump a répondu : "si Jeff veut l'arrêter, cela me va". 

Notons que ce n'est pas la première fois que Donald Trump retourne sa veste au sujet de Wikileaks. En 2010, il déclarait que l'organisation était "honteuse". "Je pense qu'il devrait y avoir une peine de mort ou quelque chose comme ça", ajoutait-il. La "tolérance" envers Wikileaks aura donc été (intéressée et) de courte durée.