L'archive offre un solide contraste et on ne parle pas uniquement du look de Jean-Luc Mélenchon qui a quelque peu changé. Nous sommes le 28 avril 2002, une semaine après le fameux 21 avril 2002 qui avait vu Jean-Marie Le Pen accéder au second tour de l'élection présidentielle face à Jacques Chirac. Une manifestation anti-Front national a lieu à Paris. Elle regroupe plusieurs personnalités politiques dont Arlette Laguiller, Bertrand Delanoë et... Jean-Luc Mélenchon.

Si Arlette Laguiller adopte la stratégie du "ni-ni" (ni Chirac, ni Le Pen, mais plutôt le vote blanc), ce n'est pas le cas des deux intervenants suivants. Jean-Luc Mélenchon, qui est alors ministre dans le gouvernement socialiste de cohabitation de Lionel Jospin, appelle au vote pour Jacques Chirac. "Le 5 mai, il ne faut pas hésiter, mettez des gants, des pinces, tout ce que vous voulez, mais votez, abaissez le plus bas possible Le Pen".

Ce dimanche, après sa défaite au premier tour de l'élection présidentielle, le discours du candidat de la France Insoumise était tout autre. Il ne donnait aucune consigne de vote et n'appelait pas à voter Macron pour faire barrage à Marine Le Pen.