Que fera Etienne Tshisekedi?

Que fera Etienne Tshisekedi?
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International

Gérald Papy

Publié le - Mis à jour le

Après les élections présidentielle et législatives qui se sont déroulées sans incident majeur, de l'avis des observateurs congolais et étrangers, l'attitude de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le présumé principal parti d'opposition dont les dirigeants avaient décidé de boycotter le scrutin, est attendue avec intérêt.

A côté des satisfecit sur l'organisation des élections par la Commission électorale indépendante et sur l'engouement des électeurs dans la plupart des régions, la faible participation annoncée dans le Kasaï oriental, singulièrement dans sa capitale Mbuji Mayi, et les incidents qui s'y sont produits ainsi que dans la localité de Mweka, au Kasaï occidental, étaient de nature à susciter quelques inquiétudes. La région est réputée être un fief de l'UDPS.La Commission électorale indépendante a décidé d'y ouvrir à nouveau les bureaux de vote (quelque 170 à Mbuji Mayi, 54 à Mweka), lundi. Quelle que soit la correction que cette décision opérera sur les résultats du scrutin, un taux de participation de seulement 20 pc dans certaines zones semblait démontrer que le mot d'ordre de l'UDPS avait en partie été suivi.

Si la direction du parti d'opposition se gardait dès lundi de commenter officiellement les résultats, Vincent Shabani, secrétaire général en charge des élections au sein du parti, nous livrait un premier commentaire, annonçant que l'UDPS ne pourrait pas reconnaître la légitimité du scrutin. «C'est la consécration de l'exclusion», explique-t-il. «Ces élections ont été imposées aux Congolais; les résultats nous seront aussi imposés. Lorsqu'on surveille l'élection avec des Mirage et des hélicoptères, il s'agit bien d'un scrutin imposé. Quand, dans l'Est, on nous explique que ce sont les milices qui ont encadré les élections, on ne peut pas accorder de légitimité au scrutin», ajoute M.Shabani.La réaction de la formation du vieil opposant Etienne Tshisekedi changera-t-elle le cours du processus démocratique? Certains doutent qu'elle ait encore une grande faculté de mobilisation, qui plus est, après le mouvement créé par le succès du scrutin. Car, comme le souligne Jean-Michel Dumont, conseiller Elections de la délégation de la Commission européenne à Kinshasa, «les Congolais ont réussi le tour de force de tenir les élections sur quasi la totalité du pays en une journée».

© La Libre Belgique 2006

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