La Belgique est prête à offrir son soutien à une mission militaire internationale au Mali. C'est ce qu'ont rappelé mercredi à New York les ministres des Affaires étrangères, Didier Reynders, et de la Coopération au développement, Paul Magnette. La Belgique ne veut pas seulement aider à former et entraîner les troupes, mais pense également à offrir son aide à long terme pour le développement de la police et de la justice au Mali. Durant l'Assemblée générale de l'ONU à New York, un sommet a été organisé pour se pencher sur la situation au Sahel. Le Mali, où des islamistes ont pris le pouvoir plus tôt cette année dans le nord du pays, se trouvait en haut de l'agenda.

Les participants ont travaillé à une résolution de l'ONU afin de rendre possible l'intervention de troupes de la CEDEAO dans le nord du Mali. La communauté internationale veut aider le gouvernement d'unité nationale à Bamako dans sa lutte contre les islamistes, mais seulement si des troupes locales issues des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest sont mobilisées.

MM. Reynders et Magnette ont également participé à ce sommet. Ils ont rappelé que la Belgique souhaitait dispenser des formations aux troupes de la CEDEAO, mais qu'elle voulait aussi à plus long terme soutenir la formation des forces de police et de justice, afin que le Mali puisse à nouveau s'occuper de sa propre sécurité.

La Belgique pourrait de cette manière faire profiter l'Afrique de l'Ouest de l'expérience dont elle dispose pour ce type de missions. Des experts belges sont actuellement ou ont été précédemment actifs dans divers pays, dont notamment le Kosovo, l'Afghanistan et le Congo. L'assistance aux autorités maliennes pourrait éventuellement se dérouler dans le cadre européen.

Entre-temps, le ministre Magnette analyse la possibilité d'une reprise de l'aide au développement au Mali, suspendue à la suite de la prise de pouvoir dans le Nord. "S'il apparaît que les règles constitutionnelles ont été respectées lors de la formation du gouvernement d'unité nationale et si une procédure électorale transparente est mise en place, notre aide pourra à nouveau reprendre", a-t-il déclaré.

Il a aussi évoqué la possibilité que notre pays soutienne le futur processus électoral, non seulement financièrement mais aussi en envoyant des experts sur place.