Cet homme de foi est présenté par la presse internationale comme le sauveur de la sainte Couronne, la plus importante relique de Notre-Dame de Paris.

Quand on lui demande s’il est un héros, Jean-Marc Fournier hausse les épaules. Présenté par la presse internationale comme le sauveur de la sainte Couronne, la plus importante relique de Notre-Dame, l’aumônier des sapeurs-pompiers de Paris revendique un simple rôle de "conseiller technique". "La couronne était déjà sortie quand je suis arrivé", corrige tranquillement le prêtre catholique de 53 ans. "Le sauvetage est le fruit d’une ‘équipe’, qui a ‘divisé ses efforts’", fait-il valoir.

En vérité, lorsqu’il entre dans Notre-Dame avec une petite équipe de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, détachée pour sauver certaines reliques, la flèche de la cathédrale s’est déjà effondrée. "Ce n’est pas naturel de rentrer dans un édifice en flammes et qui menace de s’effondrer", concède-t-il. Mais ne lui parlez pas de risquer sa vie : les déplacements sont "calculés, mesurés et le produit d’un entraînement". Ces dernières années, les épreuves ont été nombreuses pour les pompiers et leur aumônier : attentats du 13 novembre, à Charlie Hebdo, ou à l’Hyper Cacher, le prêtre a vécu au plus près tous ces traumatismes. À chaque fois, il tente d’être "le premier maillon de la cellule psychologique, pour éviter que ne s’installent des blessures mentales".

Après avoir sauvé la couronne d’épines du Christ, le père Fournier a ensuite participé à une chaîne humaine pour évacuer d’autres œuvres de la cathédrale. Une tâche qui, bien plus que le brasier, lui a valu "une petite sueur", raconte-t-il. Dans un geste maladroit, il a "percé une toile inestimable". Dans ce rôle, le religieux est sorti de son office habituel. Sur une opération, sa priorité reste les âmes, rappelle-t-il : celles des soldats du feu comme des victimes, croyantes ou non. Depuis son arrivée chez les pompiers de Paris en 2011, celui que les soldats surnomment "Padre" s’est imposé comme "un confident, un ami", raconte le porte-parole de la brigade. Ces derniers mois, l’aumônier a également dû "accompagner six camarades", morts en intervention, dans leur dernière demeure. Lundi, il a terminé "l’incendie du siècle" l’âme en paix : le feu, qui a mobilisé 600 pompiers, n’a fait aucune victime.