Pendant le Ramadan, les “fidèles” ne peuvent ni boire, ni manger entre 4h du matin et 21h. Ce n'est pas facile pour les sportifs quand ils ont un entrainement voire des matchs à gérer car “ils manquent d'énergie”. Meme “si ce n'est pas dangereux”, pendant le ramadan, “les risques de déshydratation et de blessures musculaires sont plus importants qu'en temps normal”, nous confie le Dr. Sas. Plus il fait chaud, plus les joueurs qui font le Ramadan risquent de se déshydrater. Que le jeûne tombe en plein été n'aide donc pas.

Afin que les entrainements se passent au mieux pour tout le monde, des aménagements sont nécessaires. Le Dr. Sas nous explique comment on s'organise dans l'équipe d'Anderlecht : “les joueurs faisant le Ramadan vivent la nuit et dorment de 4h à midi, les entrainements sont repoussés autant que possible à l'après-midi. De cette manière la période pendant laquelle ils ne peuvent ni boire ni manger après l'entrainement, est plus courte, et ils sont également plus reposés”. Mais ce n'est pas tout, s'ils veulent être au meilleur de leur forme les joueurs ont tout intérêt à écouter les conseils de leur médecin qui préconise de manger très énergétique et de bien boire quand ils sont autorisés à le faire.

Pour ne pas que la qualité de l'effort en pâtisse, les entrainements, en plus d'être moins nombreux, sont aussi moins durs pour ceux qui jeûnent et surtout en début de Ramadan. “Ce n'est pas facile parce que le corps n'est pas encore habitué et ils n'ont pas encore l'habitude de manger et de boire pendant la nuit.”

Si aménager les entrainements reste faisable ce n'est pas le cas des matchs. Prévus à heure fixe, il n'est pas question de les décaler ou de ménager les joueurs. Alors comment s'en sortent-ils ? “Il y a des joueurs qui ne font pas le Ramadan ce jour là, mais il y en a aussi qui le font le jour du match et cela complique un peu les choses. Avant le match ils n’auront rien mangé et souvent ils peuvent seulement manger pendant le match.” Là encore, c'est à eux de se discipliner car “s'ils mangent trop ou mal ils ne vont pas digérer normalement. Le plus important c'est surtout qu’ils boivent et qu’ils mangent en petite quantité des aliments très riches en calories qui seront vite disponible pour le corps.”

Les aménagements au niveau de l'organisation de l'équipe sont assez contraignants, de ce fait les joueurs faisant le Ramadan doivent se faire connaitre à l'entraineur et aux médecins du sport de l'équipe. Parmi ces joueurs, ils doivent également savoir lesquels s'y tiendront pour les matchs et lesquels feront une pause. Les concernés seront suivis davantage que les autres joueurs car ils sont plus enclin aux blessures.

Quand on lui demande s'il y a de la rivalité entre les joueurs qui font le Ramadan et ceux qui ne le font pas, le Dr. Sas n'hésite pas: “Dans le foot, on gagne ensemble ou on perd ensemble, il n'y a pas vraiment de problème”.

Pour le Dr. Sas, le football n'est pas le sport le plus difficile à supporter pour les joueurs qui jeûnent. “C'est beaucoup plus difficile avec les sports d'endurance car ils sont en compétition durant la journée. Cela me parait quasiment impossible pour un cycliste qui jeûne de tenir toute la journée. Dans le football les compétitions sont le soir et c'est seulement nonante minutes avec un échauffement de deux heures, c'est limite mais ça reste faisable.”