Le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen finalement désigné samedi pour prendre en août le poste de secrétaire général de l'Otan malgré des réticences de la Turquie est l'un des plus fidèles alliés de Washington et un homme politique chevronné.

Après plus de sept ans à la tête du gouvernement de centre-droit danois, à 56 ans, cet homme froid et austère mais charismatique, à la stature svelte de marathonien, est reconnu comme "un bon organisateur, un tacticien émérite, qui a une grande maîtrise de lui-même", selon le commentateur politique danois Hans Engell.

Maniant aussi bien le français que l'anglais - un atout à l'Otan -, il est réputé pour sa capacité de compromis, même s'il sait faire preuve de fermeté, comme il l'a montré pour défendre la liberté d'expression - "pierre angulaire de la démocratie" selon lui - dans l'affaire des caricatures de Mahomet en 2005.

Il avait alors défendu bec et ongles les dessins satiriques publiés par le quotidien danois Jyllands-Posten, malgré les violentes protestations contre le Danemark qu'ils avaient suscitées dans le monde musulman. Cet ultra-libéral devenu pragmatique a aussi été très actif dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité.

Son grand succès international aura été l'élargissement de l'Union européenne aux pays de l'Est, décidé au sommet européen de décembre 2002, à l'issue de la présidence danoise de l'UE.

Très loyal envers Washington, il s'est rangé dès son arrivée au pouvoir en 2001 derrière l'ex-président américain George W. Bush, en devenant un de ses proches amis. "Un de ses boys", ironisera l'opposition danoise de gauche, critiquant sa politique "calquée aveuglément" sur celle de l'ancien locataire de la Maison Blanche. M. Rasmussen, qui louait le "combat pour la démocratie" de George W. Bush et sa décision d'enfermer des centaines de terroristes présumés à Guantanamo, a rencontré huit fois l'ex-président américain, un record pour un dirigeant nordique.

"Dans la guerre contre le terrorisme, il s'agit de protéger les Etats de droit démocratique", avait-il affirmé devant le parlement en 2003, estimant que "les terroristes devaient être enfermés aussi longtemps qu'ils constitueraient une menace."

Il avait rompu avec plus de 100 ans de tradition pacifiste en faisant de son petit royaume un Etat combattant en Irak et en Afghanistan. En mars 2003, il engageait le Danemark dans la guerre en Irak, avec le soutien d'une étroite majorité au Parlement, en dépit d'une opposition hostile et d'une opinion divisée.

Le Danemark a été également parmi les premiers pays à s'engager en Afghanistan. Actuellement premier contributeur aux forces de l'Otan au regard du nombre de soldats rapporté au nombre d'habitants, le Danemark est aussi le pays qui a enregistré à ce jour les pertes en soldats les plus élevées.

Cet économiste de formation était entré au parlement en 1978, gravissant les échelons pour devenir plusieurs fois ministre dans le gouvernement du conservateur Poul Schlüter (1982-1993), puis président du parti libéral depuis 1998.

Il a accédé et gardé, à force de compromis, le pouvoir depuis novembre 2001 en se basant sur le soutien incontournable du Parti du peuple danois (extrême droite).

Marié et père de trois enfants, récemment devenu grand-père, il pratique la course à pied quotidiennement, le ski et le kayak.

Francophile, il aime passer ses vacances dans le sud-ouest de la France où il a acheté une maison il y a une quinzaine d'années.