La presse congolaise bruisse de rumeurs sur le nom du prochain Premier ministre en République démocratique du Congo (RDC), mais deux noms se détachent du lot: celui de l'actuel ministre des Finances, Henri Yav Muland, et celui d'Albert Yuma Mulimbi, qui cumule les fonctions de patron de la société publique Générale des carrières et des mines (Gécamines), le fleuron minier national, et de président de la Fédération des Entreprises congolaises (FEC). 

Ces deux personnalités, originaires de l'ex-Katanga, seraient au coude à coude pour occuper le poste de Premier ministre, affirme le site d'information en ligne 7sur7.cd, alors qu'un de ses concurrents, Congo libéré, mentionne aussi le nom de d'Alexis Thambwe Mwamba, l'actuel ministre de la Justice, visé par une plainte déposée en Belgique en juin 2017 pour crime contre l'humanité et crime de guerre.

Selon "certaines sources" citées par 7sur7.cd, le nouveau président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo "aurait une préférence pour Henri Yav Muland car n'ayant été cité dans aucune affaire sale".

Mais l'ancien chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange, qui a cédé le relais à son successeur le 24 janvier dernier, "aurait lui une préférence pour Yuma", précise ce site.

M. Tshisekedi a, en vertu de la Constitution congolaise de 2006, la responsabilité de nommer le Premier ministre. Mais il se trouve dans une situation délicate en raison de la faiblesse du groupe parlementaire de son parti, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS). Après les élections générales (présidentielle, législatives et régionale), l'UDPS ne dispose actuellement que de 32 sièges sur les 500 que comptera l'Assemblée nationale lorsque tous les députés auront été élus, fin mars.

Le nouveau président a rencontré dimanche - dans la décontraction et avec chaleur, selon les images diffusées sur les réseaux sociaux - son prédécesseur, venu en Mercedes noire des années '60, pour discuter de la mise en place d'une coalition en vue de la formation du gouvernement.

Aux termes de la Constitution, M. Tshisekedi a deux solutions: il nomme un Premier ministre "au sein de la majorité parlementaire" ou "si une telle majorité n'existe pas", il nomme un "informateur" "en vue d'identifier une coalition".

Officiellement, la coalition Front commun pour le Congo (FCC) du président sortant a obtenu quelque 330 sièges sur 500 dans cette l'Assemblée. Cette majorité doit donc imposer son Premier ministre et son gouvernement au président de la République, dans une cohabitation politique.

Par ailleurs, plusieurs membres du gouvernement dirigé par le Premier ministre sortant Bruno Tshibala - une dizaine au total - élus lors des scrutins devraient démissionner au plus tard mercredi pour ne pas se retrouver dans un cas d'incompatibilité après la validation de leur mandat comme député.