La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé dimanche Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC), après avoir rejeté le recours de l'autre opposant Martin Fayulu.

La Cour "proclame élu à la majorité simple président de la République démocratique du Congo Félix Tshilombo Tshisekedi", a déclaré le président de l'institution, Benoît Lwambwa Bindu.

Par cette annonce, M. Tshisekedi devient le cinquième président de la République démocratique du Congo depuis l'indépendance le 30 juin 1960.

M. Tshisekedi doit prendre la succession du chef de l'Etat sortant Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila il y a 18 ans le 16 janvier 2001.

C'est la première fois que le pouvoir passe pacifiquement d'un homme à l'autre dans ce pays à l'histoire agitée.

L'élection de M. Tshisekedi a cependant été contestée par l'autre opposant, Martin Fayulu. Une délégation de l'Union africaine (UA) avait aussi demandé en vain la "suspension" de la proclamation des résultats définitifs en raison de "sérieux doutes" sur les résultats provisoires.

La prestation de serment de M. Tshisekedi est prévue mardi 22, selon le dernier calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

M. Tshisekedi, 55 ans, est le fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles. Il a pris la succession de son père à la tête de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Il devra cohabiter avec un Premier ministre issu de l'actuelle majorité pro-Kabila, qui a obtenu une vaste majorité à l'Assemblée nationale d'après la Commission électorale.

Recours de Fayulu "non fondé"

La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC) a rejeté dimanche le recours de l'opposant Martin Fayulu contre le résultat de l'élection présidentielle du 30 décembre, en le considérant comme "non fondé". Dans son arrêt, lu par le juge Noël Kilomba, la Cour estime que M. Fayulu n'a "pas apporté la preuve" que les résultats annoncés par la Commission électorale (Céni) déclarant vainqueur l'autre opposant Félix Tshisekedi n'étaient pas conformes à la réalité.

"Seule la Céni a produit des résultats authentiques et sincères", a assuré le juge constitutionnel, reprenant la plupart des arguments de la même Céni.

Selon les résultats provisoires proclamés le 10 janvier par la Céni, M. Tshisekedi a devancé avec 38,5% des voix l'autre opposant Martin Fayulu (34,8%), très loin devant le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary (23%).

Le juge s'est montré souvent très sévère envers la requête de M. Fayulu. Il a ainsi jugé "imprécise et absurde" sa demande d'un recomptage des voix.

Le juge a justifié l'annulation de l'élection dans deux régions (Beni-Butembo à l'Est et Yumbi à l'Ouest) comme des "cas de force majeure", alors que cette annulation était contestée par M. Fayulu.