"Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent", clamait le président Mao. L’encouragement n’a pas été perdu par les socialistes belges francophones qui "rivalisent" non seulement sur l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais aussi sur les récentes élections présidentielle et législatives congolaises.

L’Agence de presse associée de Kinshasa n’a pas manqué de publier le "chaleureux message de félicitations" que le président PS de la Chambre des représentants André Flahaut a cru devoir adresser, le 1er décembre, au pasteur Daniel Ngoy Mulunda-Nyanga, président de la Commission électorale nationale indépendante (sic) de la RDC.

"Je tiens à saluer de tout cœur le travail remarquable effectué par la CENI afin de garantir un processus électoral digne d’une démocratie moderne, malgré un certain pessimisme ambiant et malheureux qui, parfois, a remis en cause vos chances d’aboutir", écrit avec un lyrisme de perchoir le camarade Flahaut. "Je pense que votre pays doit beaucoup à votre Institution dont le sérieux et l’ambition méritent, à mon sens, d’être reconnus par la Communauté internationale."

Il y a de quoi voir rouge, s’indigne la spécialiste mondialement connue du Bas et du Haut-Congo Mary-England Criss-Cross, quand on sait que les scrutins du 28 novembre ont été émaillés de fraudes, tricheries et autres tripatouillages de la CENI : 1,6 million de bulletins disparus, 3 millions de doubles inscriptions sur les listes électorales, scores nord-coréens au Katanga, où le taux de participation a parfois approché, voire dépassé les 100 %, bourrage des urnes, et on en passe.

Si la CENI a certainement de "l’ambition", son "sérieux", en revanche, ne saute donc pas aux yeux. Pas à ceux, en tout cas, d’un autre ténor du Parti socialiste, Philippe Moureaux, puisqu’il a demandé vendredi un recomptage des voix. La Communauté internationale (objet décidément de toutes les attentions au PS), estime le sénateur-bourgmestre de Molenbeek, "ne peut plus se contenter d’observer. Elle doit, dans sa grande sagesse, tirer les conclusions." Peut-être, comme aurait dit Mao, "bombarder le quartier général", où sont retranchés la CENI et le chantre Flahaut.