Le ministre d'État André Flahaut a plaidé lundi pour une reconnaissance du processus électoral qui a proclamé Felix Tshisekedi à la présidence du pays, malgré les contestations et les doutes. "La RDC est un État souverain. Il faut s'abstenir de vouloir l'influencer ; s'abstenir de vouloir se le réapproprier ; s'abstenir de vouloir lui dicter - en fonction d'un paternalisme mal placé - la ligne à suivre. Évitons, surtout, de lui imposer nos modèles (quelquefois déficients) de gouvernance", a affirmé l'ancien ministre de la Défense, actuellement ministre en Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Aujourd'hui, en RDC, contrairement à ce que certains prédisaient, annonçaient ou croyaient, les élections ont eu lieu à travers le pays. Nous devons reconnaître le processus électoral, même si l'organisation (opérée par les seuls Congolais!) n'a pas été parfaite. La plus haute instance du pays, la Cour constitutionnelle, a confirmé les résultats. À présent, il nous faut respecter sa décision", ajoute M. Flahaut (PS), cité dans un communiqué.

Il souligne l'importance de l'alternance en cours, dès lors que Joseph Kabila ne sera plus président, pas plus que son dauphin Emmanuel Shadary.

"Nous assistons donc, pour la première fois depuis l'Indépendance du pays, à une transmission du pouvoir présidentiel sur base d'élections - ceci sans guerre civile, situation qu'on doit à la raison du peuple congolais autant qu'à sa lassitude. Enfin, nous sommes les témoins d'une alternance politique, puisque le nouveau Président, Félix Tshisekedi, est issu de l'opposition. Au reste, des élections législatives et provinciales ont eu lieu. Une cohabitation sera sans doute nécessaire. Reconnaissons, dès lors, que ce qui s'est passé en RDC annonce une ère nouvelle."