International

Le 21 juillet, sur dhnet, nous vous expliquions que la résolution votée par le Parlement belge soutenant le déroulement de l’élection présidentielle dans le strict respect de la Constitution en République démocratique du Congo, ne passait vraiment dans les rangs de la majorité.

Lambert Mende, ministre des Communications et porte-parole du gouvernement visiblement en vacances, la réponse officielle a mis un peu plus de temps - et plus de forme - pour sortir.

C’est finalement le président de l’Assemblée nationale, Aubun Minaku, autre grand fidèle du président Kabila, qui a réagi par un communiqué officiel qui allait dans le sens des témoignages - anonymes - que nous avions récoltés jeudi dernier dans les rangs d’une majorité qui sort de plus en plus ses griffes lorsqu’elle entend les mots "respect de la Constitution" et qui parlait "d’un texte et d’une attitude néocolonialistes".

Mercredi soir, donc, les parlementaires belges adoptaient cette résolution dans laquelle ils appellent leurs collègues à tout faire pour respecter le calendrier électoral édicté par la Constitution, tout en saluant les progrès réalisés sous les deux mandats du président Kabila. Les élus belges demandent aussi que l’aide bilatérale de la Belgique en RDC soit réexaminée à la lueur du respect par le pouvoir congolais de ses engagements constitutionnels.

Vendredi, leur confrère Aubin Minaku a accusé réception par un communiqué dans lequel il n’évoque jamais la demande de respect de la Constitution, ne parlant que de la demande du dialogue inclusif. Il y oppose la résolution 2625 de l’Onu "touchant la coopération amicale et les relations entre les États […] Et le devoir de ne pas intervenir dans les affaires relevant de la compétence nationale d’un État".

Bref, la Belgique est accusée d’ingérence, voire de néocolonialisme. Le terme n’est jamais utilisé dans le texte qui n’est qu’une "première réponse en attendant la réouverture de la session parlementaire en RDC". Bref, solide coup de tension entre Kinshasa et Bruxelles.


Jour chômé pour le président

Joseph Kabila a entrepris un tour du Congo. Mobilisation obligatoire

L’épreuve de force entre la majorité et l’opposition bat donc son plein en République démocratique du Congo. Dimanche prochain, un grand meeting est annoncé qui doit réunir les principaux leaders de l’opposition. Un rendez-vous qui table sur un grand mouvement de foule pour venir écouter et voir Etienne Tshisekedi.

Le vieux leader de l’UDPS, absent depuis près de deux ans du pays, devrait rentrer mercredi prochain à Kinshasa. Un retour qui ne passera pas inaperçu.

Pour tenter de contrer ce programme, la majorité a annoncé, en milieu de semaine, qu’elle organiserait… deux journées de mobilisation populaire pour soutenir l’action du président Kabila, les 29 juillet et le 7 août. De quoi tenter de court-circuiter la mobilisation de l’opposition.

Mais avant ce grand jour et dans l’optique de donner une image fédératrice du pouvoir en place, le clan présidentiel a décidé de visiter les grandes villes du pays durant cet été.

Cette fin de semaine, c’était le Bas-Congo (rebaptisé Congo central) qui était sur a feuille de route présidentielle, "notamment pour que le président puisse visiter le nouvel hôtel construit par son frère à Moanda", explique un habitant de Matadi.

Pour être certain de mobiliser les foules, la maire FF de la ville de Matadi, Mme Niati Niati a sorti un communiqué officiel demandant "aux responsables des différentes corporations à se mobiliser comme un seul homme afin de réserver un accueil délirant à notre Hôte de marque" et d’expliquer dans la foulée que le travail s‘arrêtera à 10 h 30 et que chaque corporation doit être présente au lieu du rendez-vous "obligatoirement avec sa pancarte"

La foule était donc présente pour le président. La grogne aussi. "Ce n’est pas ces gens qui ont nourri ma famille", explique une maman "mobilisée de force", comme elle se présente.