La Commission européenne a annoncé mardi qu'elle allait lancer des procédures légales contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus catégorique d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce.

L'exécutif européen "a décidé d'engager des procédures d'infraction contre ces trois Etats membres" parce qu'ils n'ont pas rempli "les obligations juridiques qui leur incombent" en matière de répartition des demandeurs d'asile depuis ces deux pays vers le reste de l'UE, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, s'est dit mardi déçu par la lenteurs des "relocalisations" de demandeurs d'asile en Europe, alors que moins de 20.000 des 160.000 migrants concernés ont été accueillis.

"Cela a été une déception au niveau continental. Seulement quelques pays d'Europe - la Grèce, l'Italie aux frontières, l'Allemagne, la Suède ou l'Australie (...) - ont assumé une grande partie de la responsabilité", a déclaré M. Grandi lors de la présentation d'une campagne pour les réfugiés avec le FC Barcelone.

"Si l'Europe, une union de pays riches, n'est pas capables de partager cette responsabilité, comment pouvons-nous dire au reste du monde qu'il doit accueillir des réfugiés ?", s'est-il interrogé en soulignant que 90% des 65 millions de personnes réfugiées ou déplacées se trouvent dans des pays pauvres.

Le responsable du HCR s'exprimait après avoir lancé une campagne à laquelle participent des vedettes du Barça, à commencer par l'Argentin Lionel Messi et Neymar Junior, la campagne "SignAndPass".

La campagne doit permettre au public de "signer" numériquement un ballon pour le passer à ses amis via les réseaux sociaux. En signant, les supporteurs soutiennent la pétition #Aveclesréfugiés du HCR, qui a reccueilli 1,5 million de signatures.

Elle est lancée à quelques jours de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, qui sera précédée de manifestations de solidarité en Espagne et ailleurs, notamment samedi.

En septembre 2015 la Commission européenne a mis en place des quotas de répartition entre pays de l'Union européenne de demandeurs d'asile, impliquant la relocalisation de 160.000 demandeurs d'asile arrivés en Grèce et en Italie.

Le programme, qui devait prendre fin cet été, n'a cependant abouti pour l'instant qu'à la relocalisation de 20.000 personnes, a déploré le responsable du HCR.

La Commission européenne a annoncé mardi des procédures légales visant les pays qui n'ont à ce stade accueilli aucun réfugié, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque.

"Mais il serait préférable que la décision soit prise de manière volontaire par les gouvernements concernés, a déclaré M. Grandi.

Il a espéré que cela soit le cas une fois passé le cycle électoral dans plusieurs pays d'Europe où l'extrême droite s'est emparée du dossier des migrants.

A la mi-mai, seulement 18.418 demandeurs d'asile avaient été répartis (dont 5.711 depuis l'Italie et 12.707 depuis la Grèce).