Après le chef des libéraux européens Guy Verhofstadt, ce sont les Socialistes et Démocrates (S&D), et les Verts au Parlement européen qui appellent les institutions européennes à entamer les procédures de sanctions à l’encontre de la Hongrie. Ces trois groupes s’insurgent contre les récentes modifications constitutionnelles, adoptées par le gouvernement de Viktor Orban, qui affectent la liberté de la presse, l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’indépendance de la banque nationale et les restrictions sévères des droits de l’opposition (LLB 02/01). Et tous invitent l’exécutif européen à sévir, si le gouvernement hongrois continue à braver les lois et les valeurs européennes.

"Nous sommes aux côtés de la population hongroise mise chaque jour un peu plus sous pression par le gouvernement Orban", a déclaré Hannes Swoboda, vice-présidente du groupe S&D. Les eurodéputés socialistes et démocrates attendent déjà que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, présente les initiatives de l’exécutif européen, lors de la prochaine séance plénière du Parlement, à la mi-janvier.

Le groupe S&D pourra très certainement compter sur le soutien des Ecologistes européens pour contrer "la détérioration de la situation politique en Hongrie". "L’Union européenne doit maintenant agir rapidement pour empêcher toute autre démarche possible de la Hongrie vers un système autoritaire, incompatible avec les valeurs européennes fondamentales", ont encore réclamé Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, coprésidents du groupe des Verts au Parlement européen.

Comment ? En appliquant l’article 7 du Traité de l’Union européenne qui stipule qu’en cas de violation, par un Etat membre, de l’un des principes fondamentaux de l’Union - tels que la liberté, la démocratie, les droits de l’homme, et autres libertés fondamentales -, le Conseil peut prendre des sanctions contre cet Etat membre. Qui peuvent aller jusqu’à la suspension du droit de vote du représentant du pays au Conseil.

Le texte laisse déjà entendre que les procédures seront lourdes, et demanderont du temps : de la première étape qui veut "constater qu’il existe un risque clair de violation des valeurs (fondamentales de l’Union) par un Etat membre" à l’application de la suspension de "certains droits", "y compris les droits de vote", le Conseil doit statuer ici, "à la majorité des quatre cinquièmes", là "à l’unanimité" Il est en outre difficile de savoir si chacune de ces étapes nécessite un Conseil européen (quatre par an, voire plus en ces temps de crise). L’article 7 n’ayant encore jamais été mis à exécution, on ne sait pas comment il s’applique.

Jusqu’à présent, le Parti populaire européen (PPE) - qui compte Viktor Orban dans ses rangs, mais aussi José Manuel Barroso, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président du Parlement européen Jerzy Buzek - ne s’était pas exprimé sur la situation en Hongrie. Le président du PPE Wilfried Martens doit présenter la position du groupe ce vendredi.

De son côté, la Hongrie, qui peine à se financer sur les marchés obligataires, rappelle qu’elle a absolument besoin d’une aide financière. Le Fonds monétaire international et l’Union européenne refusent de la lui octroyer, depuis qu’une nouvelle mesure "porte préjudice à l’indépendance de la banque centrale hongroise". Selon une source proche de l’exécutif, la Hongrie devrait être au menu d’une réunion des commissaires européen mercredi prochain.