Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders s'est exprimé jeudi en faveur d'une enquête internationale quant à la possible utilisation d'armes chimiques dans la banlieue de Damas mercredi. "Je suis convaincu que des armes chimiques ont été employées en Syrie. Toute la question est de savoir qui les a utilisées et dans quelle ampleur", a déclaré le ministre en marge d'une visite au Caire. Le chef de la diplomatie belge a rencontré jeudi le secrétaire général adjoint des Nations Unies Jeffrey Feltman. Ils ont évoqué la question des armes chimiques en Syrie.

"Il faut vérifier cela", a estimé M. Reynders, qui souhaite une enquête menée par des experts de l'ONU. Il ajouté être convaincu que des armes chimiques sont employés en Syrie, sans toutefois disposer de suffisamment d'informations pour déterminer l'auteur de ses attaques et leur ampleur.

Il a par ailleurs rappelé l'initiative belge visant à permettre l'accès aux lieux médicalisés, aussi bien dans les zones contrôlées par le régime de Bachar el-Assad que dans celles dominées par les rebelles. Cette initiative a été louée par M. Feltman, a-t-il précisé.

M. Reynders a par ailleurs réitéré le refus de la Belgique d'envoyer des armes en Syrie et précisé que, en cas d'intervention internationale, la Belgique n'enverrait pas de troupes en Syrie.


Bachar al-Assad: la fin du pouvoir?

Selon Le Figaro, des commandos rebelles formés par les Américains seraient proches de la capitale syrienne, prêts à mener l'offensive pour écarter Bachar al-Assad du pouvoir. Ceci pourrait expliquer l'attaque aux armes chimiques de mercredi, orchestrée par le pouvoir,qui a coûté la vie à plus de 1300 personnes, dont de nombreuses femmes et enfants. Bien que le régime syrien nie toujours les faits, certains observateurs s'interrogeaient déjà sur le sens de lancer cette attaque au moment de l'arrivée des inspecteurs de l'ONU autorisés à enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques. L'opération en cours pourrait l'expliquer.

Selon les informations recueillies par  le quotidien français, " les premiers contingents syriens formés à la guérilla par les Américains en Jordanie seraient entrés en action depuis la mi-août dans le sud de la Syrie, dans la région de Deraa".  Les rebelles auraient été formés par des commandos israéliens et jordaniens. Les Américains tenteraient en fait de mettre en place un camp d'entraînement à frontière jordano syrienne. 


Les bombardements continuent

Malgré les multiples condamnations de la communauté internationale, l'armée semble bien avoir lancé une vaste offensive pour chasser les rebelles de lieux stratégiques qu'ils contrôlent à la périphérie de la capitale.

L'armée syrienne a frappé plusieurs zones contrôlées par les rebelles près de Damas jeudi, notamment celles où l'opposition affirme que des forces loyales au régime ont utilisé la veille des armes chimiques, selon une ONG.

Les rebelles contrôlent plusieurs villes et villages clés de la région de la Ghouta orientale, et une bande au sud-ouest de Damas qui sont devenus leurs fiefs il y a plus d'un an.

L'armée tente depuis systématiquement de chasser les rebelles de la périphérie de Damas, afin de protéger la capitale.

Selon l'ONU, les violences en Syrie ont fait plus de 100.000 morts depuis le début mi-mars 2011 du soulèvement qui s'est transformé en guerre civile.


Washington "ne peut pas déterminer" s'il y a eu usage d'armes chimiques

Les Etats-Unis ne sont pas en mesure "pour l'instant" de dire avec certitude s'il y a eu recours à des armes chimiques en Syrie mercredi, a déclaré jeudi le département d'Etat. "A ce moment précis, nous sommes incapables de déterminer de manière définitive que des armes chimiques ont été utilisées", a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine Jennifer Psaki, ajoutant que "le président (Barack Obama) avait ordonné aux services de renseignement de rassembler au plus vite des informations supplémentaires" sur ces allégations.

"Nous sommes concentrés à chaque minute de chaque jour depuis ces évènements d'hier (mercredi) pour faire tout ce qui est en notre pouvoir afin d'établir les faits", a ajouté la responsable.

Si les Etats-Unis concluaient que le régime syrien avait eu effectivement recours à ces armes chimiques, ce serait alors "une escalade flagrante et scandaleuse", a encore dit Mme Psaki.

La Maison Blanche était sous la pression jeudi de la presse et de parlementaires pour qu'elle réplique avec force après l'usage présumé d'armes chimiques par le régime syrien contre la rébellion et des civils.

Le président français François Hollande a évoqué jeudi "l'usage probable d'armes chimiques" dans un entretien téléphonique avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, selon l'Elysée. Et son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a plaidé pour une "réaction de force" en Syrie.

Le secrétaire d'Etat John Kerry s'est entretenu jeudi avec M. Fabius, a rapporté la porte-parole du département d'Etat.