Si le patron du MR n'est pas l'inventeur du "pied dans la porte", au moins aura-t-il considérablement oeuvré pour en améliorer la technique. Didier Reynders est, en effet, parvenu mercredi après-midi à assister à la rencontre entre le Premier Verhofstadt et le président Sarkozy. Et a brûlé la politesse à d'autres vice-Premiers ministres. "J'ai demandé à Verhofstadt avant la rencontre si les autres collègues du kern (Laurette Onkelinx, etc. NdlR) pouvaient venir à la fin de l'entretien, raconte Didier Donfut, Il m'a répondu non : trop compliqué à organiser." Seuls les chefs de la diplomatie et les responsables de la politique européenne étaient donc admis à la rencontre.

Seulement voilà, "Didier Reynders qui avait été accueillir Sarkozy à l'aéroport s'est engouffré dans la salle. Il a même voulu s'asseoir à ma place. C'est incroyable ! C'est comme si je prenais sa place aux réunions des ministres des Finances sous prétexte qu'il s'agit d'Europe", fulmine Didier Donfut.

Toute la journée, mardi, les lignes de téléphone avaient chauffé entre le QG du MR et Paris : il s'agissait de trouver un moyen pour M. Reynders d'exploiter au maximum la visite de "(son) ami Nicolas", le mercredi, en Belgique. Il avait donc été convenu que M. Reynders vienne accueillir Sarkozy à sa descente d'avion. Et ce qui fut dit fut fait. Mieux même : Sarkozy embarque le Belge dans sa voiture jusqu'au Lambermont. Et comme Didier Reynders n'est pas ingrat, il a fait ratisser les antiquaires du Sablon pour collecter quelques cadeaux pour Sarkozy. Résultat des emplettes ? Un porte-documents représentant les forces publiques de l'Empire (début XIXe) et un encrier en bois de rose (Louis XV). Mais Sarko ne s'en est pas sorti à si bon compte : Reynders lui a également fourgué la biographie qui lui a été récemment consacrée ainsi qu'un livre-programme dont il est l'auteur.