Dans le Tennessee, comme ailleurs dans le pays, les électeurs ont plébiscité Rick Santorum "parce qu'il défend la liberté religieuse", qu'il "soutient la famille" et "qu'il ne défend pas simplement nos valeurs, il les incarne", disent ses partisans.

Dans la permanence de campagne de Rick Santorum à Knoxville, dans l'est du Tennessee (sud des Etats-Unis), la soirée électorale de mardi commence par une prière. La quinzaine de militants se recueillent en écoutant Daniel Dunn, le responsable local, les remercier en finissant par "god bless you" ("dieu vous bénisse").

Ce dernier explique les succès de Rick Santorum par l'authenticité du message qu'il défend, "un message sincère, reposant sur des principes, qui consistent à défendre la vie, la liberté et la poursuite du bonheur", dit Daniel.

La poursuite du bonheur, et non celle du progrès, c'est exactement ce qui plaît au pasteur Victor Rouse, un supporter du fervent catholique. "Le progressisme est une philosophie qui mène au socialisme. Moi je vois des signes de progressisme chez Mitt Romney. Pas chez Rick Santorum", dit ce grand homme aux cheveux blancs comme neige.

"Rick Santorum a parfaitement compris qu'il y avait une inquiétude des gens par rapport à la liberté de culte", une liberté fondamentale qui serait mise à mal par le président Barack Obama et notamment par sa volonté présumée de permettre le remboursement des moyens de contraception, dit-il.

"Santorum fait mieux que défendre nos valeurs, il les incarne", note le pasteur. Au même moment, Rick Santorum apparaît sur scène, à la télévision. Il est entouré de sa femme, de la plupart de ses sept enfants, de sa mère de 93 ans et d'une partie de sa belle famille. Il leur rend hommage un par un.

Souvent, à l'occasion de ces discours prononcés après la diffusion des résultats d'une primaire, il profite de son audience télévisée pour rappeler la nécessité de ne pas avoir d'enfants hors du mariage. Toujours, il insiste sur la nécessité de défendre la famille et ses valeurs.

Mais le succès de M. Santorum repose aussi sur sa volonté d'être le plus accessible possible, sur le terrain. Dimanche matin il s'est par exemple rendu à plusieurs messes à Memphis, dans l'est du Tennessee, sans journaliste, presque incognito.

Avant cela, il s'est fait connaître dans cette campagne en organisant des réunions publiques dans la totalité des 99 comtés de l'Iowa, l'Etat rural qui a été le premier à choisir son candidat pour l'investiture républicaine. Effet garantie: Rick Santorum a terminé premier, quelques voix devant M. Romney.

Le soir de sa victoire, il a tenu à présenter à la presse le chauffeur de la camionnette avec laquelle il a sillonné l'Etat, en raillant les moyens colossaux et le jet du multimillionnaire Mitt Romney.

Il mène "une campagne personnelle avec des vrais gens qui parlent à des vrais gens", explique John Parker, le militant qui coordonne l'équipe de campagne de la permanence de Knoxville. "Nous ne misons pas sur les publicités à la télévision", dit-il en visant, une fois encore, Mitt Romney.

Pour résumer pourquoi il soutient Santorum, Alan Snyder, professeur d'histoire à la Southeastern university de Floride explique sur son blog qu'il est séduit par sa conviction que "la foi religieuse est la pierre angulaire de la société (...), que la famille est le fondement de la société et que le gouvernement ne devrait s'occuper que de ce que la famille, l'église, et les autres organisations ne peuvent pas prendre en charge".

Mais ce n'est pas tout: "Je préférerai toujours quelqu'un qui dit la vérité, même s'il ne parle pas toujours très bien, à quelqu'un qui parle très bien mais qui n'a rien à dire", ajoute-t-il comme si les petits défauts de M. Santorum constituaient un gage d'authenticité.

"Rick Santorum est un candidat qui donne envie aux gens de le rejoindre et de le soutenir. En face, Romney est une machine de campagne", tranche Daniel Dunn.