Le milliardaire aurait, via une société d’analyse de données, influencé le vote sur le Brexit et l’élection de Donald Trump.

C’est son implication présumée dans la campagne en faveur du Brexit, et l’importance de ses donations au Parti républicain américain qui ont, une fois n’est pas coutume, mis en lumière l’influence des puissances d’argent sur la politique. Dix-huitième au classement "Forbes" des patrons de fonds d’investissement les mieux payés, avec une rémunération de 150 millions de dollars en 2016, le milliardaire américain Robert Mercer aurait, depuis 2006, consacré plus de 34 millions de dollars à des campagnes électorales dont 11 millions misés sur Donald Trump. Ultraconservateur et climato-sceptique, le septuagénaire soutient financièrement la radicalisation de la droite américaine. Rien d’étonnant à ce qu’il soit donc aussi copropriétaire du site d’extrême droite Breitbart News. 

Mais Robert Mercer ne possède pas que le pouvoir de l’argent. Ce dernier, qui a commencé sa carrière de mathématicien chez IBM dans les années 1980, aurait aussi mis le Big data au service de ses idées politiques. La société américaine d’analyse de données Cambridge Analytica, dont il est l’actionnaire majoritaire, aurait collecté des données sur les réseaux sociaux à l’aide d’algorithmes controversés pour déterminer des profils d’électeurs. Les données prises en compte vont des plus objectives comme le métier, ou le lieu de résidence, à l’évaluation de son degré de sociabilisation ou son orientation sexuelle. Des modèles qui, à terme, permettent de cibler et d’orienter les électeurs à l’aide de messages et contenus promotionnels personnalisés. D’après le "Guardian", M. Mercer aurait directement proposé les services de sa société à son ami, Nigel Farage, le leader du camp pro-Brexit. En ce qui concerne l’élection présidentielle américaine, le PDG de Cambridge Analytica, Alexander Nix, a déclaré avoir récolté des informations sur 220 millions d’adultes américains. Le rôle de cette société de données sur les deux campagnes n’a pas été officiellement prouvé mais les intentions politiques de M. Mercer, elles, sont plus qu’étayées. Sa fille Rebekah a participé à la nomination du cabinet de M. Trump. Elle y aurait placé des amis de la famille, les conseillers Stephen Bannon et Kellyanne Conway. La relève semble bien assurée.