Le Royaume-Uni célèbre sa nouvelle princesse. La nouvelle est tombée samedi matin : "Son altesse royale la duchesse de Cambridge a accouché d’une fille à 8 h 34. Le bébé pèse 3,7 kg".

Après la naissance de George le 22 juillet 2013, qui pesait 3,8 kg, tout le royaume attendait de savoir si la nature donnerait une fille ou un fils à William et Kate. Le prince Charles avait même soufflé jeudi à un vétéran gallois de 100 ans :" Nous espérons une petite-fille". Il aura donc été entendu.

Un garçon, puis une fille, c’est vraiment là le choix du roi ! Comme son frère, nommé George, Alexander, Louis, la toute jeune princesse de Cambridge devrait disposer de trois prénoms. Elle figure en quatrième position dans l’ordre d’accession au trône après son grand-père Charles le prince de Galles, son père William le duc de Cambridge et son frère le prince George de Cambridge.

Depuis la naissance, les messages à l’attention des deux parents se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Le Premier ministre David Cameron a utilisé son compte Twitter pour annoncer ses félicitations aux jeunes parents, " Je suis absolument ravi pour eux" . Le leader de l’opposition travailliste Ed Miliband leur a de son côté "souhaité beaucoup de joie et de bonheur et, je l’espère, un peu de sommeil !"

Une légère influence

Cet empressement politique est compréhensible : dans trois jours, le pays est appelé aux urnes pour choisir un nouveau Parlement et, par là même, un nouveau Premier Ministre. Les chefs des deux partis susceptibles d’accéder à la position n’ont donc pas voulu paraître manquer de respect à la famille royale.

Tous deux savent également que cette naissance n’est pas anodine. Elle pourrait influer légèrement sur la manière dont les Britanniques voteront jeudi 7 mai, ce qui pourrait s’avérer décisif dans cette élection très indécise. "Un tel événement peut changer l’humeur d’un pays et créer un sentiment de bien-être au sein de la population", explique Simon Hix, chef du département d’études du gouvernement à la London School of Economics (LSE). "Cela favorise généralement le candidat en poste car les gens se sentent plus légers au moment d’aller voter et, inconsciemment, regardent son bilan plus positivement".

Le professeur admet néanmoins que l’effet "princesse" sera "très difficile à quantifier. D’autant qu’au moment d’entrer dans l’isoloir, les électeurs ont tendance à voter pour le même candidat que lors de l’élection précédente, même s’ils voulaient initialement voter pour un de ses challengers. Sans doute par crainte de l’incertitude".

Également professeur de politique à la LSE, Kate Jenkins se souvient d’un autre événement non politique qui a influencé sur une élection législative britannique : la Coupe du monde de football 1966. "Le travailliste Harold Wilson a profité de l’imminence de la compétition, organisée en Angleterre un mois plus tard, pour jouer sur la fibre patriotique et l’optimisme des électeurs en leur promettant : "Cette fois-ci, on va la gagner !"" Si sa prédiction s’est réalisée, sa chance a tourné quatre ans plus tard. Trop confiante, l’équipe d’Angleterre a été éliminée en quart de finale de la Coupe du monde contre l’Allemagne, quatre jours avant l’élection générale. Et les 7,5 % d’avance du parti travailliste dans les sondages se sont transformés en une défaite surprise pour Harold Wilson.

David Cameron peut souffler : l’effet ne peut cette fois-ci qu’être à son avantage !