La diplomatie belge s'active, dans le cadre de la présidence belge du Conseil de l'UE, pour obtenir l'abrogation "sans équivoque" de la condamnation à mort par lapidation de l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani.

"La condamnation à mort par lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtiani est contraire aux engagements internationaux de l'Iran", rappelle le ministre dans un communiqué publié au lendemain d'un entretien que le ministre a eu avec le prix Nobel de la paix 2003 Shirin Ebadi, avocate iranienne des droits de l'homme.

"Cette peine inhumaine ne peut se justifier d'aucune manière et suscite notre aversion. La diplomatie belge s'active dès lors pour obtenir l'abrogation sans équivoque de cette sentence", a souligné le ministre.

Avec ses partenaires de l'UE, la Belgique continue à espérer l'ouverture d'un "véritable dialogue" avec l'Iran en la matière, ajoute-t-il. Les conditions favorables à l'établissement de ce dialogue doivent cependant être créées par le gouvernement iranien, ce qui aujourd'hui n'est malheureusement pas le cas, déplore-t-il.

En Iran, les droits humains, et en particulier les droits des femmes, sont foulés aux pieds de manière systématique, commente le ministre. Le verdict de lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtiani est actuellement "suspendu" et en cours de réexamen par les autorités iraniennes, alors que la mobilisation internationale ne faiblit pas, comme en a témoigné cette semaine le parlement européen demandant à l'Iran de revenir sur la condamnation de cette femme de 43 ans.

Ebadi : L'UE et l'ONU doivent davantage s'intéresser aux droits de l'homme en Iran

L'Union européenne et l'Organisation des Nations unies ne doivent pas se focaliser uniquement sur le nucléaire iranien mais également sur les problèmes des droits de l'homme que connaît le pays, a déclaré jeudi la lauréate du prix Nobel de la paix en 2003, Shirin Ebadi, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Les droits de l'homme sont déplorables en Iran malgré le fait que le pays ait ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques", souligne le président de la Ligue iranienne de défense des droits de l'homme, Karim Lahidji, précisant que depuis les élections présidentielles de juin 2009, nombre d'avocats, de militants des droits de l'homme, de journalistes, de membres d'ONG... ont été emprisonnés en Iran.

A défaut de disposer de chiffres émanant des autorités, on estime qu'il y aurait actuellement plus de 800 prisonniers politiques en Iran.

"Le régime iranien se considère comme le représentant de Dieu et se permet à ce titre de procéder à des inculpations contre n'importe qui", explique Karim Lahidji.

Par ailleurs, Shirin Ebadi et Karim Lahidji sont d'avis que l'adoption de davantage de sanctions économiques et politiques à l'égard du régime iranien islamique aura des conséquences positives pour le pays.

"Les événements des derniers jours ont montré que le régime iranien est sensible à la campagne internationale malgré un discours officiel affirmant le contraire", soutient Karim Lahidji.

Pour rappel, le verdict de lapidation de l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani a été suspendu sous la pression internationale.