Le Front national criait victoire dimanche soir à l'issue du premier tour des élections régionales, Les Républicains se présentant comme la seule alternative possible, la gauche jouant le rassemblement de ses forces.

"Le Front national est le seul front véritablement républicain", a affirmé la présidente du parti, Marine Le Pen, assurant que son parti avait "vocation à réaliser l'unité nationale dont le pays a besoin".

Le vice-président du FN Florian Philippot a lui assuré dimanche soir que le FN était "largement le premier parti de France" au vu des estimations des instituts de sondage pour le premier tour des régionales, qui placent le FN en tête.

Le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, a écarté toute fusion avec la gauche et tout retrait face au FN pour le second tour, assurant "entendre et comprendre l'exaspération profonde des Français".

"Les Français souhaitent que la priorité, pour tous les responsables politiques, soit que la République ne recule plus, elle a trop reculé et en particulier depuis bientôt quatre années" et l'élection de François Hollande, a dit l'ancien chef de l'Etat.

Pour sa part le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll (PS) a souligné que le total des voix de gauche "doit dépasser les 36%", ce qui en "fait le premier parti de France".

"On a trop souffert des divisions. On n'aurait pas dû laisser partir des listes divisées là où on savait qu'il y avait un risque très clair de voir le FN arriver en tête. Je le répète, j'appelle au rassemblement de toutes les forces de gauche et des écologistes", a-t-il insisté

- Pierre de Saintignon, candidat PS en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie et distancé en troisième position: "Tout doit être fait pour que les défenseurs de la République et de nos valeurs gagnent". "Personne ne peut avoir ce soir la prétention de gagner seul. Personne ne peut prendre le risque de laisser la division, le refus des autres, la haine, diriger notre région".

- Xavier Bertrand, candidat Les Républicains dans le Nord-Pas de Calais-Picardie: "Le visage de la région Nord pas-de-Calais-Picardie ne sera pas celui de Marine Le Pen. L'Histoire retiendra que c'est ici et maintenant dans notre région que son ascension a été stoppée".

- Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe-Ecologie-Les-Verts et tête de liste Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) en Ile-de-France, Emmanuelle Cosse: "Ce que nous pouvons faire, c'est travailler à la fusion des listes de gauche et des écologistes au second tour", afin d'"avoir des régions demain qui soient dirigées par cette majorité-là".

- Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste FN en Provence-Alpes-Côte d'Azur, s'est félicitée de son score au premier tour des élections régionales en lançant sur Twitter "42% ! Merci !"

- Jean-Pierre Masseret, candidat socialiste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne : "Je maintiens ma position, il n'est pas question qu'il n'y ait pas d'élus de gauche" dans la future assemblée régionale. "Pas de retrait et pas de fusion qui n'aurait aucun sens".

- Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro deux des Républicains: "Ce que disent les Français, c'est une immense colère, une colère qui s'exprime d'abord (...) à l'attention du gouvernement et à l'attention du parti socialiste". "La fusion, ça crée de la confusion, et la confusion c'est le terreau sur lequel prospère le FN. Les électeurs ne se laissent pas additionner".


"L'Europe doit doit s'attaquer au flux de migrants et à la menace terroriste", insiste De Wever

La victoire du Front National aux élections régionales en France est un signal fort adressé à l'Europe, selon le président de la N-VA Bart De Wever. 

"Le résultat des élections est le dernier signe d'une longue série. L'opposition augmente en Europe de l'Est, la discussion fait rage en Grande-Bretagne sur le Brexit, les Danois ont rejeté la politique judiciaire européenne et même la Suède a rétabli les contrôles à ses frontières. L'Europe ne doit plus tergiverser et doit s'attaquer aux problèmes". "Les Français ont fait savoir qu'ils en avaient assez. Le flot incontrôlé de réfugiés et la menace terroriste forment un dangereux cocktail. Les responsables européens ne peuvent pas le nier. Autrement, ils vont commettre les mêmes erreurs que par le passé et l'extrémisme ne pourra qu'augmenter", ajoute le président des nationalistes flamands.

L'homme fort de la N-VA plaide ainsi pour des mesures plus strictes afin de contenir l'afflux de migrants. "L'Europe doit prendre ses responsabilités et ne pas demander à d'autres pays de faire le travail à sa place. Cela signifie que nous devons renvoyer les migrants vers des pays sûrs, que nous devons fermer les frontières de l'espace Schengen et que nous devons organiser l'accueil des réfugiés dans la région. Nous devons exclure la Grèce de l'espace Schengen si elle continue à laisser la porte grande ouverte et ne plus laisser la Turquie faire du chantage. Autrement, la polarisation entre les différents groupes de population augmentera, pas seulement en France mais aussi dans d'autres pays européens, nous menant ainsi dans une situation sans issue", conclut Bart De Wever.