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Appuyant des propositions du syndicat des patrons (le MGYOSZ) hongrois, le ministre de l’Economie, Mihály Varga, a affolé ses collègues, mercredi dernier, en déclarant que la Hongrie avait un besoin urgent d’importer plusieurs centaines de milliers de travailleurs. Cette annonce a fait l’effet d’un gros pavé dans la mare car elle tombe juste au moment où le gouvernement mène une intense campagne à relents xénophobes pour promouvoir son référendum contre l’accueil de réfugiés, prévu le 2 octobre.

Un exode de la jeunesse

Comme ailleurs en Europe, la situation démographique du pays est en effet problématique. Au déclin naturel de la population, amorcé au début des années 80 en raison d’une très faible fécondité, s’est ajouté une émigration massive. Plus d’un demi-million de jeunes Magyars ont quitté le pays ces dernières années pour aller travailler en Europe de l’Ouest.

Une véritable saignée qualitative et quantitative. La Hongrie compte ainsi seulement quatre millions de personnes actives pour une population totale de dix millions d’habitants. Au point qu’un quart des entreprises seraient aujourd’hui affectées par une pénurie de main-d’œuvre, notamment dans l’industrie hôtelière, le tourisme, la construction et l’informatique.

Pour illustrer cette situation, le journal de centre-gauche Népszabadság ("La Liberté du peuple") s’est rendu à Szügy, une commune de 1 400 habitants adossée à la frontière avec la Slovaquie, où une usine de fabrication de capotes de véhicules cabriolets emploie des couturières russes, serbes et même mexicaines, faute de candidates locales.