La France est prête à accueillir 10 des 40 migrants débarqués par le Sea-Watch 3, le navire d'une ONG allemande, dans la nuit de vendredi à samedi dans le port italien de Lampedusa, a annoncé le ministère de l'Intérieur. "La France est prête à déployer une nouvelle fois dans les tout prochains jours, comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises depuis un an, une mission du ministère de l'Intérieur et de l'Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour identifier 10 personnes en besoin de protection qui pourront être transférées sans délai sur notre territoire", a affirmé le ministère dans un communiqué.

Le Sea-Watch 3, qui a secouru une quarantaine de migrants, a forcé le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, suscitant l'ire du gouvernement transalpin et l'arrestation de la jeune capitaine allemande du navire.

Les 40 migrants bloqués à bord depuis 17 jours ont finalement pu débarquer samedi à l'aube.

D'intenses échanges diplomatiques doivent permettre de les répartir entre cinq pays européens: France, Allemagne, Portugal, Luxembourg et Finlande.

"La France a déjà accueilli ces derniers mois sur son territoire près de 400 personnes en besoin de protection, débarquées en Italie et à Malte et ce, de concert avec d'autres Etats membres et sous coordination européenne", rappelle le ministère dans son communiqué.

En avril, Paris s'était engagé à accueillir 20 des 64 migrants secourus le 3 avril par l'AlanKurdi alors qu'ils se trouvaient sur une embarcation de fortune au large de la Libye et débarqués à Malte.

Le cas du Sea-Watch 3 est un nouvel épisode de la crise humanitaire et diplomatique sur l'accueil des migrants: à l'été 2018, Matteo Salvini a fermé les ports italiens aux bateaux des ONG pour obliger les autres pays européens à s'entendre sur une répartition au coup par coup.

"L'actuel gouvernement italien fait le choix de solutions non-concertées avec ses partenaires européens, tout en dénonçant un manque de solidarité de l'Europe et de ses Etats membres", a de nouveau regretté le gouvernement français par la voix du ministère.

La France refuse pour sa part d'ouvrir ses ports, arguant que ses côtes ne sont pas les plus proches des navires en détresse. Mais elle se targue d'être la plus prompte à réagir une fois les réfugiés arrivés dans un port.