Olivier Falorni, le "tombeur" de Ségolène Royal aux législatives de dimanche dernier à La Rochelle, n’est pas rancunier. En faisant ses grands débuts de député, mardi, le "dissident" a annoncé qu’il ne voulait pas "mettre [ses] amis socialistes en difficulté" et voterait par conséquent pour un candidat PS à la présidence de l’Assemblée nationale.

C’est gentil de la part de quelqu’un que le Parti socialiste a exclu de ses rangs parce qu’il avait osé maintenir sa candidature au second tour contre Ségolène Royal. Une "trahison", s’était indignée celle-ci en y voyant la cause de sa déroute électorale (toute autre explication ne l’ayant pas effleurée, y compris l’idée que même les militants socialistes pouvaient être fatigués de la voir).

Gentil donc, l’ex-camarade Falorni, mais pas fute-fute. D’abord le PS et ses alliés, avec leur majorité absolue à l’Assemblée, n’en ont rien à cirer de son vote. Ensuite, si Falorni voulait faire oublier son incartade, c’est plutôt raté. Il retourne au contraire le couteau dans la plaie en évoquant cette présidence de l’Assemblée que la pauvre Ségolène s’était virtuellement attribuée en se croyant déjà élue.

La prétention de la candidate malheureuse à l’Elysée à s’octroyer ainsi un lot de consolation, au mépris de l’électeur, a été durement sanctionnée et l’on sait la part que la nouvelle Mme Hollande, Valérie Trierweiler, a prise dans ce châtiment avec son tweet de l’année. Ce règlement de comptes de caniveau, aux allures de scène de ménage à trois, donne cependant à penser que, si les Français ont peut-être gagné en qualité avec leur nouveau Président, ils n’ont pas nécessairement eu la main aussi heureuse avec leur nouvelle Première dame. Carla Bruni savait au moins se tenir à carreau et se montrer discrète. Il est vrai que, même lorsqu’elle chante, on ne l’entend pas.