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Séisme et tsunami au Japon : radioactivité 1000 fois supérieure à la normale dans une centrale

AFP

Publié le - Mis à jour le

Un niveau de radioactivité 1.000 fois supérieur à la normale a été détecté samedi matin dans la salle de contrôle d'un réacteur de la centrale nucléaire Fukushima N°1 située au nord-est du Japon, selon l'agence de presse Kyodo, citant une commission de sécurité.

Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, a demandé à quelque 45.000 personnes d'évacuer dans un rayon de 10 kilomètres autour de ce site, en raison d'un risque de fuite radioactive, selon l'agence de presse Jiji, citant le ministère de l'Industrie.

M. Kan devait ensuite monter à bord d'un hélicoptère pour se rendre sur les lieux.

La centrale Fukushima N°1 est exploitée par la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) et alimente en partie la capitale.

Elle est située à environ 250 kilomètres au nord de Tokyo, dans la région touchée par le violent séisme de magnitude 8,9 survenu vendredi.

L'Agence de sécurité industrielle et nucléaire, citée par la télévision publique NHK, a déclaré qu'il y avait un risque de fuite radioactive au niveau du réacteur numéro 1, mais que cela ne présentait pas de danger pour la population environnante.

"Les habitants sont invités à évacuer dans le calme", a conseillé un responsable de l'Agence.

L'armée de l'air américaine a livré des produits de refroidissement pour la centrale, a annoncé la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Selon elle, "l'une des centrales a été placée dans une situation très difficile par le séisme et manquait de moyens de refroidissement".

Le Japon touché par son plus gros séisme jamais vécu

Un nouveau violent séisme de magnitude 6,7 est survenu samedi vers 4H00 du matin (vendredi 19H00 GMT) dans la préfecture de Niigata, au nord-ouest du Japon, sur la façade opposée à la côte Pacifique déjà dévastée par un puissant tremblement de terre et un tsunami.

Les secousses ont été ressenties à Tokyo ainsi que dans de nombreuses préfectures du centre du Japon, d'une côte à l'autre. Les plus violentes ont été enregistrées dans la zone montagneuse de Nagano, voisine de Niigata, selon les données de l'agence de météo.

Un séisme de magnitude 8,9, le plus fort jamais enregistré au Japon, a frappé vendredi le nord-est du pays, déclenchant un tsunami de plusieurs mètres de haut sur les côtes Pacifique et faisant des centaines de morts et de nombreux disparus.

A la suite de ce séisme, la plupart des Etats riverains du Pacifique, de l'Océanie à l'Amérique latine, ont émis des avis d'alerte au tsunami, mais aucun dégât important n'a jusqu'à présent été signalé en dehors de l'archipel nippon.

Les zones côtières ont été évacuées aux Mariannes comme à Guam et à Hawaï. La Colombie a constaté une hausse de cinquante centimètres du niveau de la mer. L'Equateur, où l'état d'exception a été décrété, a ordonné l'évacuation des régions menacées.

Au Japon, des vagues de dix mètres de hauteur se sont abattues sur les côtes de la préfecture de Sendai et d'autres de sept mètres dans la préfecture voisine de Fukushima, ont rapporté les médias. Le premier bilan officiel de la Police nationale recensait au moins quarante morts et 39 disparus, ainsi que 244 personnes blessées. Mais les chiffres ont rapidement commencé à monter.

Sept heures après le séisme, la chaîne de télévision publique NHK a annoncé que plus de 90 morts avaient été recensés. Peu après, l'agence de presse Jiji a rapporté que 200 à 300 corps avaient été découverts sur une plage de Sendai, dans la préfecture de Miyagi, dans le nord-est. Dans la même préfecture, un bateau avec une centaine de personnes à son bord a été emporté, et on ignorait le sort des passagers, selon les médias.

Un train de passagers, avec un nombre inconnu de personnes à bord, était aussi porté disparu dans la préfecture de Miyagi après l'arrivée d'une vague de dix mètres, selon l'agence de presse Kyodo, citant la police. Les dévastations "sont si énormes qu'il nous faut plus de temps pour regrouper les éléments épars", a indiqué un responsable. Le gouvernement a déclaré s'attendre à "des dégâts considérables". Il a immédiatement dépêché des navires et des soldats pour participer aux secours, ainsi que des avions pour observer la situation sur place.

Le gouverneur de la préfecture voisine de Fukushima a ordonné dans la soirée l'évacuation de quelque 2.000 personnes habitant dans un rayon de 2 km autour de la centrale nucléaire Fukushima No 1. Le ministère de l'Industrie a affirmé que les 11 réacteurs nucléaires de la région s'étaient automatiquement arrêtés. Un départ de feu a été signalé dans un bâtiment abritant une turbine dans la centrale nucléaire d'Onagawa située dans la préfecture de Miyagi. Toutefois, aucune fuite radioactive ni dans cette installation, ni dans les autres sites nucléaires des préfectures touchées, n'a été détectée, selon les autorités.

Les télévisions nippones diffusaient en direct des images de maisons inondées, de bateaux ayant chaviré et de voitures submergées par les eaux. Une vague de boue et de débris a déferlé à grande vitesse à travers les champs et les routes, dévastant tout sur son passage. A certains endroits, l'eau a pénétré jusqu'à cinq kilomètres à l'intérieur des terres. La secousse, de magnitude 8,9 selon l'Institut de géophysique américain (USGS) qui l'avait auparavant évaluée à 7,9, puis à 8,8, s'est produite à 14h46 (05h46 GMT) à 24,4 km de profondeur et à une centaine de kilomètres au large de la préfecture de Miyagi.

Selon l'Agence météorologique nippone, il s'agit du plus fort séisme jamais enregistré au Japon. "Nous avons été secoués si violemment qu'il fallait s'accrocher pour ne pas tomber", a témoigné une responsable de la municipalité de Kurihara, la plus durement touchée dans cette préfecture. "Nous ne pouvions pas nous échapper de l'immeuble parce que les secousses n'arrêtaient pas de se succéder", a-t-elle dit à l'AFP au téléphone. A Tokyo, à environ 380 km de l'épicentre, les gratte-ciel, construits sur des structures parasismiques spéciales, ont tangué pendant de longues minutes après le séisme.

Un toit s'est effondré sur un bâtiment du centre de Tokyo où 600 étudiants participaient à une cérémonie de remise de diplômes, faisant de nombreux blessés, selon les pompiers et les médias. Dans les bureaux et les habitations, des objets ont chuté des étagères, les ascenseurs ont été automatiquement arrêtés, tandis que des millions de personnes se précipitaient dans les rues. Une dizaine d'incendies ont été signalés dans la capitale, et il y a plusieurs blessés, selon les médias. Dans la région de Tokyo, une raffinerie de pétrole était en feu à Iichihara et des flammes s'élevaient à plusieurs dizaines de mètres de hauteur.

L'aéroport international de Narita, situé à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Tokyo, a suspendu le trafic pendant plusieurs heures, mais a annoncé dans la soirée que les opérations reprenaient progressivement. Les transports ferroviaires et routiers ont également été interrompus dans une grande partie de l'archipel, en particulier dans Tokyo et sa région, bloquant des millions de personnes qui ont pris d'assaut les hôtels de la ville ou bien tentaient de regagner leur domicile à pied. Les trains express Shinkansen ont été stoppés dans tout le nord-est et les autoroutes de la région de Tokyo fermées quelques minutes après le tremblement de terre.

A Tokyo, quatre millions de foyers étaient privés d'électricité. "J'étais au bureau, au dixième étage de mon immeuble. Les murs ont commencé à trembler, puis tous les meubles. Je n'ai jamais connu ça ici, j'ai eu peur!", a expliqué Saki Horikane, une employée de bureau du quartier de Ginza, dans la capitale, descendue avec ses collègues quelques minutes après la secousse. Plusieurs fortes répliques de magnitude supérieure à 6, voire 7, se sont ensuite produites et ont été ressenties jusque dans la capitale.

Le Japon, situé au confluent de quatre plaques tectoniques, subit chaque année environ 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre. En 1923, la ville de Tokyo avait été dévastée par un séisme majeur, qui avait fait 140.000 morts. Plus récemment, en 1995, le séisme de Kobe (ouest) avait fait plus de 6.400 morts.

Les prix du pétrole chutaient vendredi à l'ouverture du marché à New York, le baril de référence lâchant 3,05 dollars à 99,65 dollars après le plus fort séisme jamais enregistré au Japon, l'un des principaux consommateurs de pétrole dans le monde.

Hawaii touché par le tsunami, la côte ouest des Etats-Unis en alerte

Les premières vagues du tsunami provoqué par le puissant séisme survenu au large du Japon ont frappé Hawaii vendredi matin, tandis qu'une partie de la côte ouest des Etats-Unis était placée en alerte.

Le centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique a précisé que des premières vagues avaient été vues vers 03H24 (13H24 GMT) à Waianae, peu avant leur arrivée à Waikiki, la plage d'Honolulu, la capitale de l'archipel. Les habitants des zones côtières d'Hawaii ont été évacuées pendant la nuit. Les sirènes se sont déclenchées jeudi à 21H59 (vendredi 07H59 GMT) et devaient retentir toutes les heures par la suite.

Des cars ont été réquisitionnés pour évacuer les habitants et les touristes des zones concernées et les autorités se préparaient à ouvrir des centres d'accueil. "Tous les résidents qui vivent dans les zones d'évacuation en cas de tsunami doivent évacuer immédiatement", avaient annoncé les services d'urgence. "Une alerte au tsunami a été émise pour l'état d'Hawaii. Une série de vagues destructrices ont été annoncées par le centre d'alerte Tsunami du Pacifique", ajoutait le communiqué.

Hawaii se situe à 6.500 km à l'est de l'épicentre du séisme. Honolulu est située sur la côte ouest hawaïenne, au niveau de la mer, et est donc exposée en cas de tsunami venu du centre du Pacifique. Le maire d'Honolulu, Peter Carlisle, a insisté sur CNN sur le caractère imprévisible des tsunamis. "Les informations que nous avons collecté nous ont amené à penser qu'il fallait évacuer et prendre toutes les précautions nécessaires. Ce qu'il y a avec les tsunamis, c'est qu'ils sont très, très imprévisibles. Vous ne pouvez pas savoir combien de vagues il va y avoir, quelle vague va être la plus destructrice", a-t-il déclaré.

Un "avertissement", qui correspond à un niveau plus bas que "l'alerte", a par ailleurs été émis pour une partie de la Californie, une partie de l'Alaska et l'Etat de Washington où il a été demandé aux habitants de quitter les plages, ports et marinas. Les premières vagues provoquées par le tsunami devraient atteindre la côte ouest américaine vers 07H45 (15H45 GMT) d'après les autorités. "Avec un séisme de cette puissance, nous pourrions vraiment observer des vagues sur la côte ouest", a prévenu Cindi Preller, du centre d'alerte tsunami du Pacifique.

Le président Barack Obama a assuré vendredi que les Etats-Unis se tenaient prêts à aider le Japon après le très fort séisme survenu au large de ses côtes, suivi d'un tsunami, qui a fait des centaines de morts et de nombreux blessés, et présenté ses condoléances aux victimes. "Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider le peuple japonais en ce moment de grande difficulté. L'amitié et l'alliance entre nos deux nations est inébranlable", a indiqué le président américain dans un communiqué.

La Première dame "Michelle (Obama) et moi-même avons adressé nos plus sincères condoléances au peuple japonais, particulièrement à ceux qui ont perdu des êtres chers dans le séisme et les tsunamis", a-t-il dit. Le vice-président américain Joe Biden a adressé de son côté les "pensées et prières du peuple américain" aux victimes de la catastrophe.

"Nous, les Etats-Unis, nous tenons prêts à faire tout ce que nous pouvons pour aider nos amis japonais", a-t-il ajouté depuis la Moldavie où il se trouve dans le cadre d'une visite officielle.

Petite fuite radioactive possible dans une centrale nucléaire

Une petite fuite radioactive pourrait survenir dans une centrale nucléaire de la préfecture de Fukushima (nord-est du Japon) durement frappée par le séisme au Japon, a prévenu samedi le ministre de l'Industrie, Banri Kaieda, cité par les agences de presse japonaises.

Les autorités nippones s'apprétaient en effet à relâcher de la vapeur radioactive pour faire retomber la pression qui s'est élevée dans un réacteur de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima, a précisé l'agence Kyodo. Peu avant, un porte-parole de la compagnie exploitante du site, Tokyo Electric Power, avait reconnu que la pression montait à l'intérieur de l'un des réacteurs.

"La pression a augmenté dans le caisson et nous essayons de gérer la situation", a-t-il indiqué. Six mille habitants d'une zone de trois kilomètres de rayon autour de la centrale ont été appelés à évacuer par le gouverneur de la région. Les autorités ont d'abord annoncé que les eaux de refroidissement de l'installation nucléaire avaient baissé à un niveau inquiétant, puis le gouvernement avait affirmé vers 16h30 GMT que la situation était "sous contrôle".

Des troupes des Forces d'auto-défense (le nom de l'armée japonaise) en tenue de protection nucléaire (NBC) ont toutefois été dépêchées sur les lieux pour vérifier la situation. L'armée de l'air américaine a en outre remis du liquide de refroidissement à une centrale nucléaire japonaise, a annoncé la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, sans préciser de quelle installation il s'agissait.

"L'une des centrales (japonaises) a subi une forte pression depuis le tremblement de terre et n'avait pas assez de liquide de refroidissement. Les avions de l'US Air Force ont pu lui en délivrer", a expliqué Mme Clinton.

Malgré la puissance du séisme de magnitude 8,9, aucune fuite radioactive n'a jusqu'à présent été détectée dans les sites nucléaires des préfectures touchées dans les heures suivant les plus fortes secousses, ont affirmé les autorités. Un total de 11 réacteurs se sont automatiquement arrêtés lors du tremblement de terre, selon le ministère de l'Industrie.

Les Etats-Unis livrent des produits de refroidissement

L'armée de l'air américaine a livré des produits de refroidissement à une centrale nucléaire japonaise affectée par le violent séisme qui a frappé le Japon, a annoncé vendredi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. "L'Air Force au Japon vient de transporter un produit de refroidissement très important vers l'une des centrales nucléaires", a-t-elle déclaré lors d'une réunion à la Maison Blanche.

Selon Mme Clinton, "l'une des centrales a été placée dans une situation très difficile par le séisme et manquait de moyen de refroidissement". Six mille habitants des environs de cette centrale nucléaire ont été appelés à évacuer les lieux quelques heures après le violent tremblement de terre qui a frappé la région vendredi, ont annoncé les autorités locales.

Mme Clinton n'a pas précisé quelle était la centrale concernée. Mais selon l'agence Jiji, les eaux de refroidissement de l'installation nucléaire n°1 de Fukushima (nord-est du Japon) ont baissé à un niveau inquiétant. Une fuite nucléaire pourrait se produire dans la centrale, a ensuite déclaré le ministre japonais de l'Industrie, Banri Kaieda.

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