“Le Bonheur National Brut est plus important que le Produit national brut”, avait affirmé le roi Jigme Singye Wangchuck en 1972. Depuis la fin des années 90, le Bhoutan développe son modèle alternatif afin de préserver son identité. “En mettant sur un pied d’égalité le développement équitable, la protection de l’environnement, la promotion des valeurs culturelles et la bonne gouvernance, ce modèle, qui n’était à l’origine qu’une stratégie de survie, s’est transformé en projet de civilisation à l’objectif ambitieux : trouver le juste équilibre entre l’homme et la nature d’une part, la spiritualité et le matérialisme d’autre part”, indique Thierry Mathou, auteur de l’ouvrage “Le Bhoutan. Royaume du Bonheur National Brut. Entre mythe et réalité” (L’Harmattan). Mais le modèle a ses limites : “son extrême dépendance vis-à-vis de l’étranger”, “l’omniprésence de l’Etat”, “les difficultés à concilier, sur le long terme, théorie et pratique, utopie politique et adhésion populaire”. 

“La Libre”, avec le soutien du Fonds pour le journalisme, est partie sur le terrain à la découverte des clefs du bonheur bhoutanais, pour constater les succès et les écueils rencontrés par ce pays laboratoire.