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La Cour de révision a rejeté jeudi la demande d'annulation de la condamnation de Guillaume Seznec, présentée par Chancellerie, a annoncé le président de la Cour, Bruno Cotte.

Le président de la cour de révision, qui lisait l'arrêt, a fait valoir qu'il n'existait "aucun fait nouveau ou élément inconnu de la juridiction le jour du procès, de nature à faire naître un doute sur la culpabilité de Guillaume Seznec".

A l'énoncé de la décision, le petit fils de Guillaume Seznec, Denis Leher-Seznec s'est exclamé: "c'est absolument honteux !".

Guillaume Seznec a été condamné le 4 novembre 1924 par la cour d'assises du Finistère aux travaux forcés à perpétuité pour le meurtre de son ami, Pierre Quémeneur, qu'il a toujours nié. Gracié en 1947 pour bonne conduite après 20 ans passés à Cayenne, Guillaume Seznec est mort en 1954.

Les magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation, réunie en Cour de révision et présidée par Bruno Cotte, ont décidé de rejeter la demande de révision qui avait été présentée le 31 mars 2001 par la Chancellerie, à l'époque où Marylise Lebranchu, originaire du Finistère, était Garde des Sceaux.

Sur les marches de la Cour de cassation, M. Le Her-Seznec a annoncé qu'il allait déposer un recours devant la justice européenne pour contester la manière dont a été instruite la révision du dossier Seznec.

"La justice avait rendez-vous avec l'histoire, la chambre criminelle siégeant comme Cour de révision a raté une occasion historique et unique de montrer qu'elle était capable de reconnaître une erreur judiciaire", a déclaré le petit-fils du condamné.

De son côté, le ministre de la Justice Pascal Clément a "pris acte" du rejet de la demande de révision. Dans un communiqué, le Garde des Sceaux souligne que la Cour de révision "a considéré que les faits nouveaux qui étaient invoqués n'étaient pas suffisants pour mettre en doute la culpabilité de Monsieur Guillaume Seznec".

Le ministre a tenu cependant à "rendre hommage au courage et au dévouement de son petit-fils, Denis Seznec, qui a toujours cru en l'innocence de son grand-père et n'a pas ménagé ses efforts pour qu'elle soit reconnue publiquement".

Alors que ce rejet n'est pas susceptible de recours, le ministre fait valoir que toute nouvelle demande de révision devrait s'appuyer sur "d'autres éléments ou des faits nouveaux" et ne pourrait plus être introduite que par le Garde des Sceaux "en raison de l'ancienneté de l'affaire Seznec et du décès du condamné et de ses enfants".