Dans une Arabie saoudite qui prône une version très rigoriste de l'islam, pas question pour les femmes de conduire. Bien sûr, cela n'empêche pas les plus courageuses de braver l'interdit. Plusieurs femmes avaient d'ailleurs il y a quelques mois posté une photo d'elles sur Twitter au volant d'une voiture. Ces clichés étaient accompagnés du hashtag #Women2Drive. Un acte d'autant plus significatif que toute femme vue sur le siège conducteur risque purement et simplement de se faire arrêter.

Il y a quelques semaines, Saleh Al-Saadoonun, un historien saoudien, était invité sur le plateau d'une émission sur Rotana Khalijia, explique le Parisien. Il en a profité pour justifier cette interdiction devant une présentatrice stupéfaite. Les propos de cet "expert" récemment traduits par l'Institut de Recherches sur les médias du Moyen-Orient (Memri) en disent long sur sa vision des femmes. Selon lui, si les femmes se mettaient à conduire, elles risqueraient d'être attaquées et violées dès que leur voiture tomberait en panne et qu'elles se retrouveraient seules sur le bord de la route. "Les femmes occidentales ne se soucient pas du viol mais le peuple d'Arabie saoudite, oui". Face à de tels propos, Nadeen Bdeir, la présentatrice de l'émission n'a pas pu s'empêcher de réagir. "Qui vous a dit qu'elles ne se soucient pas du viol?". "Ce n'est pas important pour elles", a affirmé Saleh Al-Saadoonun, catégorique. "Dans notre cas, le problème est de nature sociale et religieuse".

Toujours sur cette même problématique, l'historien saoudien a même vanté la chance qu'avaient les Saoudiennes. "Tout le monde est à leur service, elles sont traitées comme des reines". La présentatrice a alors tenté de lui expliquer que les Saoudiennes pourraient très bien être violées par leur conducteur... Loin de se démonter, l'historien a alors proposé une solution imparable : "Il faut engager des chauffeurs étrangers, de sexe féminin pour conduire nos femmes". Cette fois, Nadeen Bdeir n'a tout simplement pas pu s'empêcher d'éclater de rire...