Aucune cérémonie officielle n’a marqué ce week-end, en Birmanie, le premier anniversaire du passage du cyclone Nargis qui, les 2 et 3 mai 2008, avait dévasté le sud du pays, faisant quelque 138 000 morts. La presse officielle n’a pas soufflé mot de la commémoration, évitant de la sorte l’obligation d’évaluer la situation sur place un an après, laquelle reste de toute évidence dramatique.

Dans un communiqué diffusé samedi, les Nations unies ont exhorté la communauté internationale à ne pas relâcher son soutien, alors que les victimes du cataclysme sont loin d’être tirées d’affaire. Selon le Programme alimentaire mondial de l’Onu, sur le million de personnes qui ont été secourues à l’époque, 350 000 dépendent encore des distributions gratuites de nourriture et 250 000 seront toujours dans cet état à la fin de l’année.

Des centaines de milliers de rescapés, dans le delta de l’Irrawaddy, la région la plus affectée, vivent toujours dans des conditions précaires et la prochaine saison des pluies pourrait apporter son nouveau lot de désolation. Un reportage récemment diffusé dans "Thalassa", sur France 3, montrait de nouvelles habitations toujours dépourvues de toits !

Le silence officiel à Rangoon apporte, s’il en était besoin, une preuve supplémentaire du mépris et de l’irresponsabilité dont la junte avait déjà fait la démonstration lors de la catastrophe en refusant dans un premier temps toute assistance humanitaire étrangère, avant de se résigner à l’accepter sous la pression internationale. Il témoigne aussi des tensions politiques dans le pays alors que les militaires espèrent donner un vernis démocratique à leur dictature en organisant des élections l’an prochain.

Sanctions reconduites

Mercredi dernier, l’opposition a fait savoir qu’elle n’y participerait pas si plusieurs conditions n’étaient pas remplies dont la libération inconditionnelle de tous les prisonniers d’opinion (ils seraient plus de 2000). Deux jours plus tôt, l’Union européenne avait reconduit pour un an ses sanctions à l’encontre du régime birman, lesquelles incluent une interdiction de voyage et un gel des actifs des dirigeants et des entreprises liées à ceux-ci.

Chez nous, dans une interpellation à la Chambre, la députée Ecolo Juliette Boulet, de retour des camps de réfugiés sur la frontière thaïlandaise, a estimé trop timorée et manifestement peu efficace l’attitude des Européens sur ce dossier. Ella a invité l’UE à durcir ses sanctions économiques, "en les ciblant", et a rappelé que si la Belgique devait inscrire son action diplomatique dans le contexte européen, il ne lui était pas interdit de montrer l’exemple en prenant des initiatives qui vont plus loin.