Mise en examen, accusations de mauvaise gestion, inéligibilité : à Hesdin (nord de la France), Stéphane Sieczkowski-Samier, l’un des plus jeunes maires de l’Hexagone, multiplie les frasques. Lâché par sa majorité, l’édile pourrait même, fait rare, perdre son poste.

Surnommé le "petit Sarko", dont il est un fervent admirateur, le fringant jeune homme avait pourtant créé la surprise en étant élu en 2014, à 22 ans, sous l’étiquette "divers droite". Après une campagne électorale "à l’américaine", "jeune", "dynamique", M. Sieczkowski-Samier inspirait les plus grands espoirs pour cette petite ville de 2 200 habitants, proche du Touquet. Mais il a "planté l’ambiance" dès son installation, relate un salarié de la ville. "Il a convoqué le personnel et nous a traités de ‘bons à rien’. Il nous a dit : ‘Maintenant, je vais vous apprendre à travailler.’"

Côté judiciaire, M. Sieczkowski-Samier est aujourd’hui visé par plusieurs enquêtes : détournement de fonds publics, acquisition d’armes, prise illégale d’intérêt et complicité de faux et usage de faux en écriture. Dans cette dernière affaire, le maire a été mis en examen, tout comme sa mère, conseillère municipale, et l’ancien chef de la police municipale. L’édile est soupçonné d’avoir envoyé en 2016 en sous-préfecture une fausse délibération du conseil municipal qui confiait la gestion des logements communaux à l’agence immobilière Orpi, appartenant à… la mère du jeune élu. Il est par ailleurs soupçonné d’avoir acheté avec l’argent de la mairie deux revolvers soft gomm pour une raison inconnue. En mai 2018, l’édile avait aussi été déclaré inéligible pour 3 ans par le Conseil constitutionnel à cause du rejet de ses comptes de campagne lors des législatives de 2017.

Au sein du conseil municipal, seules 4 personnes le soutiennent encore, dont sa mère, Christiane Samier, sur 13 au départ. "Ils veulent m’épuiser mais ils seront épuisés bien avant moi", affirme, dans une interview, le maire de 26 ans, étudiant en droit. "Au début, les gens lui ont pardonné beaucoup de choses, en raison de sa jeunesse", mais "il est mégalo, malhonnête et inconscient", vilipende un élu local, ajoutant : "On pense parfois que les jeunes vont changer les pratiques. Ce n’est pas forcément le cas !"