Les pays européens ont affiché vendredi leurs divergences sur l'importance à accorder au rapport des inspecteurs de l'ONU sur les armes chimiques en Syrie, dont l'Allemagne a souhaité la publication le plus rapidement possible.

Le président français François Hollande a rassuré ses partenaires européens en annonçant, à l'issue du G20 de Saint-Petersbourg, que Paris attendrait le rapport de l'ONU avant de lancer toute action militaire contre le régime de Damas.

Il a ainsi répondu à un souhait exprimé par la quasi-totalité des ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis jusqu'à samedi à Vilnius pour "accorder" leur position sur le dossier syrien.

A son arrivée dans la capitale lituanienne, Laurent Fabius, le ministre français, a cependant clairement relativisé la portée de ce rapport car les inspecteurs de l'ONU "ne sont pas chargés d'enquêter" sur la question de savoir "qui a commis ce massacre chimique? ".

Intervenant quelques minutes plus tard, son homologue allemand, Guido Westervelle a insisté sur la nécessité de prendre connaissance du "rapport indépendant" des experts onusiens avant de se prononcer sur la réponse à y apporter.

Pour le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, attendre le rapport est une question de principe pour la communauté internationale. Car "les Indiens, les Brésiliens, les Chinois et bien d'autres estiment que les informations provenant des services de renseignement américains ne sont pas suffisantes".

Il semble difficile que M. Fabius puisse obtenir avant la fin de la réunion de Vilnius, samedi à la mi-journée, que les Européens reconnaissent "au minimum" la responsabilité du régime de Bachar al-Assad dans le "massacre" du 21 août.

L'étape suivante, à savoir un accord au niveau de l'UE sur le principe de frappes ciblées, semble hors de portée, même si le secrétaire d'Etat John Kerry sera à Vilnius samedi matin pour le défendre.

A défaut d'une approbation, Washington et Paris devraient obtenir l'assurance qu'aucun pays de l'UE ne condamnerait une telle offensive, selon des sources diplomatiques.