Des sénateurs américains préparaient mardi une version modifiée d'une résolution pour autoriser le recours à la force en Syrie seulement en cas d'échec du plan russe visant à sécuriser les armes chimiques syriennes.

Deux sources sénatoriales ont confirmé à l'AFP qu'un groupe d'élus, démocrates et républicains, était en train d'élaborer un texte qui prendrait en compte la proposition russe formulée lundi et mettrait en place une date limite pour la mise sous contrôle international de l'arsenal d'armes chimiques syriennes.

"L'autorisation du recours à la force serait conditionnelle, et serait déclenchée seulement en cas d'échec du plan russe", a indiqué une source. "Il y aura une date limite spécifique pour que le Conseil de sécurité de l'ONU vote une résolution, et une date limite séparée pour que les inspecteurs vérifient que les Syriens ont bien transféré leurs armes chimiques".

Si ces deux conditions n'étaient pas remplies avant les dates limites spécifiées, l'autorisation serait alors donnée au président de frapper la Syrie.

Selon la même source, le Sénat appellerait l'ONU à voter une résolution qui inclurait un processus d'inspection, un accès total à tous les sites d'armes de destruction massive, des garanties pour la libre circulation des inspecteurs, des mesures immédiates pour qu'Assad commence à transférer sous contrôle international son arsenal, et des "conséquences claires", selon une source, en cas de non respect de ces conditions.

La version finale était encore en train d'être rédigée mardi, et de nombreux détails pourraient encore changer au fur et à mesure des négociations.

Les huit membres du groupe de travail incluraient notamment les républicains John McCain et Lindsey Graham, partisans de frappes, et les démocrates Robert Menendez, président de la commission des Affaires étrangères, et Chris Coons, membre de cette commission.

Un premier vote de procédure devait avoir lieu mercredi au Sénat sur une résolution qui aurait limité à 60 jours, prolongeables à 90 jours, toute intervention en Syrie, et sans troupes au sol.

Mais ce vote a été brusquement reporté lundi par le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, sans qu'une nouvelle date ait été fixée. Barack Obama a indiqué lundi qu'il ne pensait pas que le Congrès voterait "dans un avenir immédiat".

Le plan russe a suscité un espoir prudent au Capitole alors que, dans la journée de lundi, les chances de succès de la résolution sénatoriale paraissaient de plus en plus maigres.

"La diplomatie est évidemment toujours une meilleure solution qu'une intervention militaire, mais je reste un peu sceptique par rapport à ceux qui sont impliqués dans les discussions diplomatiques aujourd'hui", a déclaré John Boehner, le président républicain de la Chambre des représentants, partisan de frappes.

"Il faut qu'on appuie sur +Pause+ pour un petit moment, pour que la Maison Blanche puisse discerner s'il y a une quelconque crédibilité dans cette proposition", a dit le sénateur républicain Bob Corker, qui avait étroitement contribué à élaborer la résolution sénatoriale.

De son côté, le chef de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a annoncé qu'il voterait contre l'autorisation de frappes en Syrie, tout en notant que la nouvelle voie diplomatique méritait d'être "explorée".

Grande-Bretagne, France et Etats-Unis "présenteront une résolution aujourd'hui" 

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis allaient présenter "aujourd'hui", mardi, une résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU, après la proposition russe sur l'arsenal chimique syrien.

"La Grande-bretagne, la France et les Etats-Unis présenteront aujourd'hui une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré M. Cameron devant une commission parlementaire à Londres, insistant sur la nécessité que le texte contienne "un calendrier" du démantèlement des armes chimiques en Syrie.