La Russie a dénoncé une fois de plus mardi les tentatives des Occidentaux d'attribuer la responsabilité de l'attaque chimique du 21 août près de Damas au régime syrien, en les qualifiant de "déplacées" et "pas sérieuses", et elle a appelé à ne pas accuser le régime "sans preuves".

"Rejeter toute la responsabilité sur les autorités syriennes sans avoir aucune preuve est, à notre avis, déplacé et pas sérieux", a déclaré le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch, en commentant une déclaration récente du ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, selon lequel l'opposition syrienne ne disposerait pas d'armes chimiques.

M. Hague a mis en doute dans une récente interview à BBC que l'opposition syrienne ait des armes chimiques, en estimant qu'il était peu probable que quelqu'un dans le monde -- même la Russie -- puisse croire à une telle possibilité.

"Nous comptons que nos partenaires britanniques participent de manière sérieuse à la réalisation de l'accord russo-américain sur le placement des armes chimiques syriennes sous contrôle international, en vue de sa destruction", a ajouté M. Loukachevitch.

Cette déclaration intervient peu après un entretien téléphonique entre M. Hague et son homologue russe Sergueï Lavrov, qui ont discuté mardi de la situation autour du dossier syrien, selon un communiqué de la diplomatie russe.

La Russie est le principal soutien du régime syrien et a joué un rôle central en lançant la semaine dernière une initiative sur le démantèlement de son arsenal d'armes chimiques.


Lavrov "nage à contre-courant des faits"

Les Etats-Unis ont vivement critiqué mardi le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov qui a réaffirmé que l'attaque chimique du 21 août en Syrie n'était pas le fait du régime de Damas, mais une "provocation".

"Nous avons vu bien sûr vu les commentaires du ministre Lavrov. Il nage à contre-courant de l'opinion publique internationale et, de manière plus significative encore, à contre-courant des faits", a fustigé la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, trois jours après un accord américano-russe sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien.