Barack Obama a dit mardi vouloir donner une chance aux efforts diplomatiques en demandant au Congrès de ne pas voter immédiatement sur un recours à la force en Syrie, mais a promis que les Etats-Unis maintiendraient leur "pression" militaire. 

Lors d'un discours solennel, le président américain a dénoncé l'attaque chimique "écoeurante" du 21 août près de Damas qui a coûté la vie à 1.429 personnes selon le renseignement américain. Il a évoqué "des hommes, des femmes, des enfants tués par le gaz allongés les uns à côté des autres" vus sur les vidéos prises après l'attaque.

"Nous savons que le régime (du président syrien Bachar al-Assad) est responsable", a martelé M. Obama, ajoutant que "la question est maintenant de savoir ce que les Etats-Unis et la communauté internationale sont prêts à faire face à cela".

Répétant sa conviction que le recours à de telles armes, prohibées par les conventions internationales, représentait aussi "un danger pour notre sécurité", ainsi que celle des alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient, M. Obama a rappelé qu'il avait pris la décision, énoncée le 31 août, de lancer des frappes "limitées" contre le régime pour le punir et le dissuader de lancer de nouvelles attaques similaires.

"Même une attaque limitée fera passer un message à Assad d'une (magnitude) qu'aucun autre pays ne peut envoyer", a assuré M. Obama. Il a aussi renouvelé son engagement à ne pas déployer de troupes au sol et rejeté la comparaison avec l'Irak de 2003.

"Je ne pense pas que nous devions renverser un nouveau dictateur par la force", a lancé le président.

Le président a aussi pris acte du nouveau développement diplomatique qui s'est fait jour depuis lundi, avec la proposition de Moscou, acceptée par Damas, de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international pour le détruire.

M. Obama, qui semble malgré ses efforts peiner à obtenir le soutien d'une majorité de parlementaires à l'usage de la force en Syrie, a précisé avoir demandé aux élus de repousser leur vote "tant qu'était suivie la voie diplomatique".

Le président a aussi prévenu que cette proposition, même si elle constituait un "signe encourageant", n'avait pas encore prouvé sa viabilité. "Il est trop tôt pour dire" si ce plan sera couronné de succès, a-t-il dit.