Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, "a pris connaissance avec horreur des informations faisant état de plusieurs centaines de morts civils suite à une attaque par armes chimiques en Syrie", selon un communiqué diffusé par les Affaires étrangères. Il réclame "toute la clarté" et attend "une totale coopération" de Damas à l'enquête. "L'utilisation d'armes chimiques contre la population civile est un crime de guerre très grave que rien ne peut justifier", souligne le ministre, pour qui les allégations "doivent être vérifiées aussi vite que possible par la commission d'experts des Nations-Unies qui a été mandatée pour enquêter sur les autres cas d'utilisation possible d'armes chimiques en Syrie et qui vient précisément d'arriver sur place".

L'opposition syrienne a affirmé mercredi que le régime avait tué 1.300 personnes dans une attaque chimique près de Damas - une affirmation démentie par le régime, tandis que la Russie, son alliée, a évoqué une "provocation" de l'opposition.

Les pays occidentaux, dont certains avaient fait du recours aux armes chimiques le seuil critique avant une possible intervention militaire, ont quant à eux évoqué "des informations crédibles" sur le sujet et demandé une enquête de l'ONU.

L'ONU veut "faire la lumière" sur les accusations

Les membres du Conseil de sécurité veulent "faire la lumière" sur les accusations d'utilisation d'armes chimiques près de Damas et "saluent la détermination" de l'ONU à enquêter, a déclaré mercredi sa présidente.

"Il faut faire la lumière sur ce qui s'est passé et suivre de près la situation", a souligné l'ambassadrice argentine Maria Cristina Perceval à l'issue de consultations au Conseil. "Les membres du Conseil saluent la détermination du secrétaire général (Ban Ki-moon) à mener une enquête approfondie et impartiale".

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence et a entamé mercredi soir des consultations à huis clos.

Une vingtaine d'inspecteurs des Nations unies viennent justement d'arriver en Syrie pour enquêter sur de précédentes accusations d'utilisation d'armes chimiques ces derniers mois. L'accord entre Damas et l'ONU limite toutefois leur mission à Khan al-Assal (près d'Alep), Ataybé, près de Damas, et à Homs, dans le centre du pays.

Merkel évoque "un crime effroyable"

La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé mercredi, selon la presse, que si les accusations d'utilisation d'armes chimiques en Syrie étaient avérées, elles constitueraient "un crime effroyable".

"Si ces données sont vérifiées, il s'agit d'un crime effroyable", a affirmé la chancelière, en campagne électorale, selon des propos rapportés par le quotidien régional Stuttgarter Zeitung. Elle a également réclamé un élargissement du mandat de l'Onu et la coopération du régime syrien, selon des propos tenus, selon le journal, lors d'une discussion publique. Mme Merkel a toutefois de nouveau exclu des livraisons d'armes à l'opposition.

Les Etats-Unis ont réclamé un "accès immédiat" de l'ONU au site de l'attaque chimique à grande échelle dénoncée par l'opposition.

Washington ne veut plus tracer de "ligne rouge"

Les Etats-Unis ont refusé mercredi de parler d'une "ligne rouge" qu'aurait franchie le régime syrien en cas de recours aux armes chimiques, un an après que le président Barack Obama eut tracé cette limite à ne pas transgresser.

"Je ne parle pas de lignes rouges. Je n'ai pas de débat ou de conversation sur des lignes rouges, je n'établis pas de lignes rouges. Ne parlons pas de rouge aujourd'hui", a coupé court la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki.

Son homologue de la Maison Blanche, Josh Earnest, avait réclamé plus tôt une enquête "d'urgence" des Nations unies et un "accès immédiat" d'inspecteurs de l'ONU au site d'une attaque chimique à grande échelle dénoncée par l'opposition en Syrie. Le responsable avait cependant refusé de s'étendre sur les conséquences d'un tel acte pour Damas.

"Je pense que nous avons déjà parlé il y a plusieurs mois de la ligne rouge et de la manière dont elle a été franchie", a rappelé Mme Psaki, faisant allusion aux déclarations de la Maison Blanche en juin, accusant Damas d'avoir eu recours à des armes chimiques contre la rébellion.

"Mais je ne suis pas en fonctions depuis assez longtemps pour tracer de nouvelles lignes rouges et je ne vais certainement pas le faire aujourd'hui", a plaisanté la jeune nouvelle porte-parole de la diplomatie américaine depuis avril.

Il y a un an quasiment jour pour jour, le 20 août 2012, le président Obama avait prévenu son homologue syrien Bacha al-Assad que le déplacement ou l'utilisation d'armes chimiques en Syrie constituerait une "ligne rouge" pour les Etats-Unis et aurait des "conséquences énormes".

"Si nous commencions à voir des quantités d'armes chimiques déplacées ou utilisées, cela changerait mon calcul et mon équation", avait affirmé le président américain lors d'une conférence de presse.

Ottawa presse la Syrie de coopérer avec l'ONU

Le Canada a jugé mercredi "inacceptable" l'attaque chimique à grande échelle dénoncée par l'opposition en Syrie, pressant le régime de Bachar al-Assad de coopérer avec les enquêteurs des Nations unies.

"Une telle attaque est tout à fait inacceptable, a jugé le chef de la diplomatie John Baird. "Nous exhortons le régime Assad à coopérer avec les représentants des Nations unies chargés d'enquêter sur ces informations inquiétantes."