Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a mis en garde contre l'escalade "extrêmement dangereuse" du conflit à la frontière entre la Syrie et la Turquie, dans un discours lundi à Strasbourg. "L'escalade du conflit à la frontière Syrie-Turquie et l'impact de la crise sur le Liban sont extrêmement dangereux", a déclaré M. Ban à l'ouverture du premier "Forum mondial de la démocratie", organisé au siège du Conseil de l'Europe.

Le secrétaire général de l'ONU a appelé à plus d'aide humanitaire dans la région "alors que l'hiver approche". "Nous avons besoin que les donateurs répondent de manière plus généreuse aux besoins des populations en Syrie et de plus de 300.000 réfugiés dans les pays voisins", a-t-il dit. "La situation en Syrie a empiré de manière dramatique. Elle pose des risques sérieux à la stabilité des voisins de la Syrie et à l'ensemble de la région", a souligné M. Ban.

Se disant "profondément préoccupé par le flot continu d'armes aussi bien au gouvernement syrien qu'aux forces de l'opposition", il a appelé toutes les parties "à abandonner l'usage de la violence, et à se diriger vers une solution politique. C'est la seule voie de sortie de la crise", a estimé M. Ban, très applaudi sur ce point. "Je demande instamment aux pays qui fournissent des armes d'arrêter. La militarisation ne fait qu'aggraver la situation", a-t-il martelé.

La Syrie "montre à quel point les transitions actuelles, qui ont inspiré tant d'espoir et de changement, ont aussi apporté incertitude et peur. Le succès n'est pas garanti. Construire la démocratie prend du temps", a souligné M. Ban.

Le président syrien Bachar al-Assad "et les autres dirigeants du monde doivent écouter leurs citoyens avant qu'il soit trop tard ", a-t-il répété. "Je reste convaincu que nous devons chercher une solution politique au conflit" et "j'appelle tous ceux qui ont une influence que quelque bord que ce soit en Syrie à en user pour promouvoir une solution politique répondant aux aspirations légitimes du peuple syrien", a encore déclaré M. Ban.

Les Nations Unies vont avoir comme priorité "dans les années qui viennent d'aider les pays à faire la transition de l'insécurité à la stabilité, et de l'autoritarisme à la démocratie. Ces ceux buts sont la garantie du progrès", a-t-il conclu.

Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland a chaudement remercié Ban Ki-moon d'avoir accepté de participer à l'ouverture du premier "Forum mondial de la démocratie", à l'initiative de cette organisation paneuropéenne rassemblant 47 Etats.

M. Ban est ensuite parti pour Paris, pour des réunions bilatérales. Il doit rencontrer lundi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Il sera reçu mardi à l'Elysée par le président François Hollande avant de rentrer à New York.