Le Japon va demander à la Birmanie de punir les responsables de la mort, vendredi, d'un journaliste japonais dans la répression de manifestations d'opposants à Rangoun, selon le quotidien Yomiuri.

Un vice-ministre des Affaires étrangères, Mitoji Yabunaka, doit se rendre dimanche en Birmanie pour transmettre la requête de Tokyo à la junte, précisé le Yomiuri, citant des sources gouvernementales.

En fonction de la réponse des autorités militaires, le Japon -un des principaux pourvoyeurs d'aide et qui entretient des liens historiques avec la Birmanie- pourrait décider d'un embargo sur les investissements nippons, ajoute le journal.

Tokyo s'est pour l'instant refusé à suspendre son aide humanitaire à la Birmanie.

Un vidéo-journaliste de l'agence japonaise APF, Kenji Nagai, 50 ans, a été tué d'une balle dans le coeur jeudi pendant qu'il filmait la répression des manifestations à Rangoun. Il s'agit du premier étranger tué dans les récents troubles en Birmanie.

Une chaîne de télévision japonaise, Fuji TV, a affirmé, images à l'appui, que le journaliste avait été tué à bout portant par un soldat, au cours d'une charge contre des manifestants dans les rues de Rangoun.

Le gouvernement japonais a fait savoir qu'il procéderait à une enquête pour déterminer les circonstances de la mort de M. Nagai.

En 2003, Tokyo avait suspendu des prêts à bas taux consentis à Rangoun dans le cadre de vastes projets d'infrastructures pour protester contre la détention de la figure de proue de l'opposition Aung San Suu Kyi.