Un procès fait scandale à Ancône, dans le nord de l'Italie. La raison ? Trois juges, toutes des femmes, ont décidé de débouter une victime présumée de viol et disculper les deux hommes accusés, pourtant déjà reconnus coupables de viol en 2015, sous le motif que la femme serait "trop masculine pour être violée", trop "laide pour susciter l'attraction". La victime, une femme d'origine péruvienne âgée de 22 ans lors des faits, a quant à elle affirmé avoir été droguée et violée par les deux hommes. L'affaire remonte à 2015.

Les médecins qui se sont occupés de la femme en question ont pourtant confirmé que les blessures de la victime correspondaient à celles d'un viol et que le taux de benzodiazépines (psychotropes) dans son sang était élevé.

Près de 200 personnes ont donc protesté devant la cour d'appel de la ville d'Ancône après l'annonce de la disculpation des deux hommes. "Rebel Network", une association de femmes qui a organisé la manifestation, a qualifié le jugement de "médiéval".

Luisa Rizzitelli, la porte-parole du groupe, a ajouté "Le pire, c'est le message culturel de trois femmes magistrats qui ont acquitté ces deux hommes parce qu'elles avaient décidé qu'il était improbable qu'ils voulaient violer quelqu'un qui avait l'air masculin. C'est honteux. Mais obtenir près de 200 personnes à la manifestation était un miracle pour l'Italie. Heureusement. Cela montre que la sensibilité à ces sujets est de plus en plus forte", peut-on lire dans plusieurs médias italiens et internationaux.

L'affaire devrait être rejugée par la suite au tribunal de Pérouse. L'avocate de la jeune femme a quant à elle déclaré que la victime est repartie vivre au Pérou après avoir été ostracisée, à Ancône, à cause de ses dénonciations.