Le président Donald Trump a rencontré brièvement mardi à la Maison Blanche les représentants des trois principaux constructeurs allemands, sur fond de menaces américaines d'imposer des tarifs douaniers sur les importations automobiles.

M. Trump a rencontré en personne les PDG de Daimler, Dieter Zetsche, de Volkswagen, Herbert Diess, et le directeur financier de BMW, Nicolas Peter.

Les Allemands ne devaient initialement voir que des membres de l'administration américaine.

Selon un très bref communiqué de la Maison Blanche publié à l'issue de la rencontre, le président américain "a partagé sa volonté de voir tous les constructeurs automobiles produire aux Etats-Unis et d'offrir un environnement plus favorable aux entreprises".

"Nous essayons de leur faire augmenter leur production aux Etats-Unis", avait souligné le ministre américain du Commerce, Wilbur Ross, avant la réunion.

Il s'agit pour les Etats-Unis de réduire leur déficit commercial dans l'automobile et les pièces détachées, qui s'élève à quelque 30 milliards de dollars, soit un peu moins de la moitié du déficit commercial total avec l'Allemagne.

Donald Trump a menacé d'imposer des tarifs douaniers de 25% sur les voitures importées aux Etats-Unis, notamment d'Europe. Une taxe qui pénaliserait particulièrement l'économie et les constructeurs allemands.

Le magazine allemand Wirtschaftswoche avait rapporté en mai que M. Trump avait déclaré qu'il ne voulait plus voir de Mercedes-Benz sur la fameuse 5ème Avenue de New York.

Atmosphère factuelle 

"Les discussions avec les représentants du gouvernement américain se sont tenues dans une atmosphère factuelle et étaient focalisées sur chacune des entreprises et son engagement aux Etats-Unis", a indiqué à l'AFP un porte-parole du groupe Daimler --qui fabrique les Mercedes honnies par le président américain.

"La rencontre avec le président a été très bonne et très ouverte", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, BMW a qualifié de "constructive" la rencontre, durant laquelle le constructeur a exposé "en détails" ses investissements aux Etats-Unis, dans son usine de Spartanburg, en Caroline du Sud.

Le groupe a pris soin de préciser --comme l'avait déjà rappelé la veille la chancelière allemande Angela Merkel-- que seule la Commission européenne était habilitée à mener des négociations commerciales au nom des pays membres de l'UE et de ses entreprises.

Le groupe bavarois souligne qu'il a investi 9,3 milliards de dollars aux Etats-Unis, qu'il en investira encore 600 millions d'ici 2021 et que 1.000 emplois s'ajouteront d'ici là aux 10.000 déjà existants dans son usine en Caroline du Sud.

Il rappelle également que c'est grâce "au libre-échange" que BMW a investi aux Etats-Unis.

Comme l'avait fait son PDG la semaine dernière, le communiqué de BMW indique que le constructeur étudie la possibilité d'installer une usine de moteurs aux Etats-Unis, ce qui lui avait valu les louanges du président.

Mais BMW précise --contrairement à ce que M. Trump avait affirmé-- qu'"aucune décision n'a encore été prise".

La visite en juillet à Washington du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait permis de reprendre langue et d'apaiser quelque peu les tensions commerciales de part et d'autre de l'Atlantique. Mais le président américain a de nouveau brandie la menace cet automne.

M. Ross a temporisé dans une interview sur CNBC. "Le timing de toute cette affaire dépend largement de ce qui arrivera pendant les négociations" avec l'UE, a déclaré le ministre du Commerce, alors que celles-ci ne semblent guère faire de progrès.

"Nous ne négocions pas vraiment avec les Américains", avait observé la Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström lors d'un déplacement à Washington mi-novembre.