Pour le professeur Sebastian Santander de l'Ulg, cette victoire du Républicain pourrait donner des ailes aux populismes en Europe.

La victoire de Donald Trump aura inévitablement des conséquences sur le politique internationale des USA. Mais pas seulement. De notre côté de l'Atlantique aussi, ce succès électoral pourrait donner des ailes à un populisme qui a le vent en poupe depuis plusieurs années.

"Donald Trump a fait sauter toute une série de verrous. Il a tenu des propos homophobes, il a eu un discours contre les migrants, il a insulté les handicapés...", énumère Sebastian Santander, professeur en sciences politiques à l'université de Liège. "Sur les réseaux sociaux, cela a une conséquence directe : les gens se lâchent de plus en plus aux Etats-Unis. Je pense que certains partis européens d'extrême droite pourraient surfer sur la vague. Ils vont se dire : si ça a marché pour lui, pourquoi ça ne marcherait pas pour nous ?"

En France, Marine Le Pen a déjà salué la victoire du Républicain. "Quelqu'un comme Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, s'est aussi prononcé ouvertement en faveur de Donald Trump", ajoute le professeur de l'Ulg.

La Belgique va-t-elle devoir revoir sa politique de défense ?

En Belgique aussi, une victoire de Donald Trump risque d'avoir des conséquences. En premier lieu sur notre politique en matière de défense. "Trump a déjà menacé de se retirer de l'OTAN, reprend M. Santander. Il reproche aux états européens de ne pas consacrer 2% de leur PIB à la politique de défense. En clair : si à la première réunion de l'OTAN Trump tape du poing sur la table, il faudra peut-être revoir notre position en matière de défense."

Car si Trump venait à mettre ses menaces à exécution, l'Europe se retrouverait à découvert par rapport à la Russie. "Trump est d'ailleurs pour une alliance plus étroite avec les Russes. Il ne veut pas la confrontation. Cela pourrait constituer une menace pour les pays baltes, à la frontière desquels la Russie multiplie les manoeuvres militaires."

Sur le plan économique, il faut aussi s'attendre à du changement. Le Républicain est d'abord contre le TTIP.  "Donald Trump tient un discours anti-mondialisation. Quand on sait que les échanges entre l'Europe et les Etats-Unis représentent 2 milliards de dollars chaque jour, cette vision risque d'avoir des répercussions Mais ce sera aussi le cas pour les Etats-Unis, si Trump vient à sanctionner ses principaux partenaires économiques que sont le Mexique, la Chine, le Canada et l'Europe... Car 30% du PIB américain dépend du commerce international."

Trump n'aura pas tous les pouvoirs

Pour le professeur Santander, il faut cependant rester prudent. Premièrement parce qu'il y souvent une différence entre les arguments de campagne et les actes. Deuxièmement parce que, même s'il est présenté comme l'homme le plus puissant du monde, le président américain n'a pas tous les pouvoirs.

"Tous les Républicains ne suivent pas Donald Trump. Et le président doit tenir compte du Congrès. Or, les Etats-Unis ne fonctionnent pas comme la Belgique où il existe des logiques de partis. Là-bas, chacun vote selon ses sensibilités. Il y aura donc des garde-fous. Trump ne fera pas ce qu'il veut"

Et quand on sait que le programme économique de Trump va à l'encontre du libéralisme prôné par le parti républicain, toutes les propositions du président ne passeront pas comme une lettre à la poste.