Le président des Etats-Unis Donald Trump envisage de financer la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique en imposant une taxe de 20% sur tous les produits venus de ce pays, a déclaré son porte-parole jeudi.

Le financement de la construction de ce mur visant à endiguer l'immigration clandestine a suscité de vives tensions entre les deux pays: le président mexicain Enrique Pena Nieto a annoncé jeudi qu'il annulait sa visite à Washington, initialement prévue le 31 janvier.

"En faisant cela, nous pouvons récolter 10 milliards de dollars par an et facilement payer pour le mur grâce à ce seul mécanisme", a déclaré Sean Spicer aux journalistes à bord de l'avion présidentiel Air Force One de retour de Philadelphie.

Le porte-parole du nouveau président républicain n'a pas donné de précisions sur la façon dont cette taxe fonctionnerait ni quand elle serait mise en place mais affirmé qu'elle pourrait faire partie d'une réforme globale de la fiscalité.

"Cela permet clairement d'assurer le financement de façon à ce que le contribuable américain soit respecté", a-t-il ajouté, affirmant que ce projet avait été évoqué avec les élus de la Chambre des représentants comme du Sénat.

Donald Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi, largement symbolique à ce stade, au projet de construction d'un mur renforcé le long de l'immense frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, sa promesse de campagne la plus emblématique.

L'oléoduc Keystone XL est lancé

L'opérateur canadien d'oléoducs TransCanada a annoncé jeudi le dépôt auprès du gouvernement américain d'une demande de permis pour lancer la construction du projet Keystone XL, devant acheminer du pétrole canadien vers les raffineries du golfe du Mexique.

Long de 1.900 kilomètres, dont 1.400 aux États-Unis, la construction de cet oléoduc avait été bloquée par le président sortant Barack Obama. Mardi, son successeur Donald Trump a signé un décret relançant ce projet qui, selon TransCanada, va contribuer pour 3,4 milliards de dollars au produit intérieur brut des États-Unis.


Pour le Mexique, payer pour le mur "n'est pas négociable"  

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a répété jeudi que le Mexique ne payera pas le mur que le président américain Donald Trump veut construire à la frontière entre les deux pays, ajoutant que ce "n'est simplement pas négociable". "Il y a des choses qui ne sont pas négociables, des choses qui ne peuvent ni ne seront négociées", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse à Washington. "Le fait de dire que le Mexique puisse payer pour le mur est une chose qui n'est simplement pas négociable", a-t-il ajouté.

"Nous reconnaissons que c'est le début d'une nouvelle relation avec le président Trump et avec son gouvernement. Nous reconnaissons que, comme l'a dit le président Peña Nieto, nous sommes prêts à négocier. Nous avons des priorités et des objectifs clairs", a poursuivi le chef de la diplomatie mexicaine.

M. Videgaray était présent à Washington avec une délégation mexicaine pour préparer la visite le 31 janvier du président mexicain, Enrique Peña Nieto. Mais ce dernier a renoncé jeudi à ce déplacement, devant l'insistance de Donald Trump pour que les Mexicains assument le coût de construction du mur frontalier, destiné à endiguer l'immigration illégale vers la première économie mondiale.

Le président américain envisage de financer la construction du mur en imposant une taxe de 20% sur tous les produits venus du Mexique, a avancé son porte-parole Sean Spicer jeudi après-midi, avant de faire partiellement machine arrière sur ses propos, affirmant qu'il s'agissait seulement d'une proposition parmi d'autres.