Le ministre turc de l'Intérieur Muammer Güler a assuré mercredi que la police n'était pas responsable de la mort deux jours plus tôt d'un manifestant et a dénoncé une récupération à des fins séditieuses de ce décès.

"Hier, les images diffusées par les télévisions ont montré que la police n'était pas en train d'intervenir (...) et qu'il y avait eu une chute depuis un point élevé", a déclaré M. Güler à des journalistes à Ankara.

"En plus, le rapport d'autopsie conclut également à une chute, mais malgré tout, nous continuons d'enquêter", a-t-il ajouté, commentant le décès lundi d'Ahmet Atakan, un jeune homme de 22 ans, qui participait à une manifestation contre le gouvernement islamo-conservateur à Antakya (sud), près de la frontière syrienne.

Ce décès a entraîné une recrudescence des manifestations dans toute la Turquie mardi soir, dont certaines se sont conclues par des heurts avec la police jusqu'au petit matin.

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées durant ces heurts, a rapporté la chaîne d'information CNN-Türk.

Le ministre, dont les commentaires étaient diffusés par les chaînes de télévision, a critiqué dans ces protestations une volonté de susciter des troubles dans le pays.

"Nous savons très bien qu'il y a dans ces accusations prononcées avant que tous les faits soient établis, dans cette récupération immédiate de l'incident pour nuire à la police et le transformer en une provocation (...) une volonté de jeter les gens les uns contre les autres", a-t-il affirmé.

M. Güler a souligné que les incidents se multipliaient depuis plusieurs jours spécifiquement à Antakya, dans le but de "semer un grand chaos" et a estimé qu'il s'agissait de "provocations ethniques".

Proche de la Syrie, la ville d'Antakya abrite une population très cosmopolite, composée entre autres de Turcs, de Kurdes et d'Arabes, mais aussi sur le plan religieux de musulmans sunnites et alaouites, la minorité à laquelle appartient le président syrien Bachar al-Assad.

L'afflux dans la ville de dizaines de milliers de réfugiés syriens a avivé les tensions entre les communautés, les membres de la communauté alaouite étant largement hostile à la politique turque de soutien aux rebelles syriens.